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18 pièces exceptionnelles sur l’histoire de l’écossisme

Diplôme de 33e de Julien Pyron

Diplôme de 33e de Julien Pyron

Le Suprême Conseil- Grand Collège du REAA-GODF a publié il y a quelques semaines un magnifique portofolio rassemblant les facsimilés de18 documents exceptionnels illustrant des étapes importantes de l’histoire de l’écossisme (… puis du Rite Écossais Ancien Accepté !). Le format A3 – et une très belle mise en page – mettent particulièrement en valeur ces pièces hors du commun. Cette édition relève vraiment de la bibliophilie, c’est suffisamment rare dans le domaine maçonnique – malheureusement – pour que nous tenions à le signaler.

On y découvre des documents mis à jour par la recherche maçonnique il y a seulement quelques années, comme les procès-verbaux de la loge écossaise de L’Union en 1742 ou le brevet signé d’Étienne Morin en 1767 (avec une formule que l’on retrouve mot pour mot dans la célèbre patente).

Parmi les pièces nouvelles et jusque-là inconnues, une série des tous premiers diplômes délivrés par le Suprême Conseil. Les formules utilisées et l’iconographie sont pleines d’enseignement pour l’historien maçonnique. On soulignera l’intérêt des documents 5, 6 et 7 qui apparaissent aujourd’hui comme les plus anciens certificats connus du Suprême Conseil. On appréciera notamment le magnifique diplôme de 33e de Julien Pyron de 1806.

Ce portofolio est donné « en prime » à ceux qui souscrivent pour la 4e série de « L’Écossais », la revue d’étude maçonnique du Suprême Conseil- Grand Collège du REAA-GODF. L’abonnement à cette 4e série (5 numéros – 40 Euros) doit être envoyé – accompagné des coordonnées du souscripteur – à A.M.H.G, 16 rue Cadet – 75009 Paris.

(Entre nous, à ce prix là, c’est l’affaire du siècle !)

Documents présentés

1 – 1743. Le grade de Maître Écossais en 1743. Procès verbal de la tenue de la loge écossaise de L’Union à Berlin le 14 octobre 1743. Bibliothèque du Grand Orient de France, AR Fonds H, pièce 3, papier, 20 x 34 cm. La couleur verte, l’acclamation par 4 fois 4, la croix de Saint-André font irrésistiblement penser à l’Écossais vert de la Stricte Observance et, au-delà, à la famille de rituels de Maître Écossais dont il est le représentant le plus notable. Il est d’ailleurs curieux qu’Eric Ward avance que cet « Écossais vert » pourrait fort bien être le « Scot Master Mason » anglais des années 1730-1740.

2 – 1743. Première attestation d’un haut grade chevaleresque « écossais », extraite du procès verbal de la tenue de la loge écossaise de L’Union à Berlin le 30 novembre 1743, jour de la Saint-André. Bibliothèque du Grand Orient de France, AR Fonds H, pièce 3, papier, 20 x 34 cm. « Le Très Vénérable Passé Maître Frère Fabris a créé le nouveau Maître en Chaire Frère Roman Chevalier de l’Ordre Écossais par trois coups d’épée qu’il lui a donnés en croix sur le dos avec ces paroles, je vous crée et fait Chevalier de l’Ordre Écossais par ces trois coups dont le premier est pour le Roi le second pour le patron et le troisième coup est pour la loge puis l’a revêtu de l’Ordre Écossais. Le Très Vénérable ayant enfin pris possession de la chaire a créé chevalier du dit Ordre les Frères Passés Maîtres… ». Sur l’exceptionnel registre de la loge écossaise de L’Union, voir : « Les « Chevaliers écossais » en 1743 : de Londres à Berlin ? », dans Pierre Mollier, La Chevalerie Maçonnique : Franc-maçonnerie, imaginaire chevaleresque et légende templière au siècle des Lumières, Dervy, Paris, 2005,  p. 74-88

3 – 1767. Le 22 août 1767, à Saint-Domingue, Étienne Morin signe le brevet de Chevalier d’Orient du Frère Alexis Delmas en tant que « Grand Inspecteur et fondateur des Eminents grades établis dans la partie du Nouveau Monde ». Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 5, parchemin, 42 x 48,5 cm. Le magnifique en-tête gravé de ce document exceptionnel est aujourd’hui le seul vestige de l’utilisation de l’Aigle bicéphale comme emblème de la Maçonnerie de Perfection dans les années 1760. Lorsque le Rite de Perfection se transforme en Rite Écossais Ancien Accepté en 1801-1804, il en conserve le sceau. Voir : Pierre Mollier, « Nouvelles Lumières sur la Patente Morin et le Rite de Perfection », dans 1804-2004 : Deux siècles de Rite Écossais Ancien Accepté en France, Dervy, Paris, 2004, p. 41.

4- 1804. Procès verbal du 17 octobre 1804 des « Inspecteurs Généraux Grand Officiers de la Maçonnerie ancienne dûment convoqués et assemblés en Consistoire ». Bibliothèque du Grand Orient de France, Archives de la Réserve, papier, 23 x 34,5 cm. C’est le premier document témoignant de l’existence et de l’activité de ce qui allait devenir, quelques semaines plus tard, le Suprême Conseil du 33e degré pour l’Empire Français. Voir : Pierre Mollier, « Naissance et essor du Rite Écossais Ancien Accepté en France : 1804-1826 », dans 1804-2004 : Deux siècles de Rite Écossais Ancien Accepté en France, Dervy, Paris, 2004, p. 84-85.

5 – 1805. Diplôme de « Souverain Prince du Royal Secret 32e degré du Rite Ancien et Accepté » de Jean-Étienne Houssement, daté du 8 juin 18054 (1805 recouvert en 1804). Bibliothèque nationale de France, Fonds maçonnique, FM5 1138.

6 – 1805. Diplôme d’« Inspecteur Général Prince du Royal Secret 32e degré » d’Alexis de la Flotte, daté du 8 juillet 1805. Bibliothèque nationale de France, Fonds maçonnique, FM5 1139.

7 – 1806. Diplôme de « Souverain Grand Inspecteur Général et membre du Suprême Conseil du 33e degré » de Julien Pyron, Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 158, parchemin, 48 x 65 cm. Pour les documents 5, 6 et 7, voir : Pierre Mollier, « Les premiers diplômes de « 33e » en France », dans L’Écossais n°15, p. 102-116. C’est l’occasion de préciser, ce qui n’est pas très clair dans la note de la p. 111 de l’article, qu’il n’y a pas de diplôme du 33e parmi les quelques-uns délivrés par Grasse-Tilly comme Grand Commandeur entre 1804 et 1806. Cette petite série, aujourd’hui conservée au fonds maçonnique de la BnF, présente essentiellement des certificats de 30e et de 32e, comme ces diplômes de La Flotte et Houssement.

8 – 1812. Charte constitutionnelle du Suprême Conseil pour la création d’un Tribunal de Grands Inspecteurs Inquisiteurs Commandeurs par le chapitre La Paix à l’Orient de Neufchâteau, le 13 février 1812. Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 231, parchemin, 47 x 69 cm.

9 – 1813. Diplôme de Prince du Royal Secret 32e degré (3 avril 1813) de Jean-Jacques Duvidal de Montferrier (1752-1829). Collection particulière, parchemin, 46 x 66,5 cm. Parent de Cambacérès, il est membre du Tribunat puis de la Cour des Comptes. Sa fille épousera Abel Hugo, le frère aîné de Victor Hugo. Ces pièces 8 et 9 montrent que, au plus tard en 1812, le Suprême Conseil avait fait graver des planches (ces documents 8 et 9 sont différents sur plusieurs points) pour imprimer ses patentes et diplômes. On peut d’ailleurs estimer que ces diplômes pré-imprimés sont probablement antérieurs à 1810.

10 – 1813. Diplôme de Prince du Royal Secret 32e degré de Supierre Demoulins, automne 1813. Collection de la loge Nature et Philanthropie, Lorient, 40 x 55 cm. Voir : Jean Guglielmi, Serge Breuzin, Georges Guarinos, « Un document énigmatique : la lettre de créance du Frère Supierre Demoulins », dans L’Écossais n°15, p. 47-69.

11 – 1818. Diplôme de Prince du Royal Secret de Charles-François Brisseau de Mirbel  (1776-1854). Bibliothèque du Grand Orient de France. Botaniste, il entre au Muséum d’histoire naturelle en 1796. Son Traité d’anatomie et de physiologie végétales publié en 1813 le fait considérer aujourd’hui comme le père de la cytologie et de la physiologie végétales. Son amitié avec Elie Decaze le conduit à la fonction de secrétaire général du ministère de l’Intérieur… et probablement aussi à devenir franc-maçon et à être élevé au 32e grade du Rite Écossais Ancien Accepté !

12 – 1821. Diplôme de membre actif du Suprême Conseil de France, délivré au comte de Fernig, le 29 septembre 1821. Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 232, parchemin, 37,8 x 28,7 cm. Ce diplôme doit être l’un des tout premiers du Suprême Conseil de France puisqu’il se situe au moment même de l’organisation de celui-ci en 1821. Le comte de Fernig en sera l’un des principaux dirigeants. Voir : Pierre Noël, « Le général de Fernig, officier et franc-maçon », dans Ordo ab Chao, Bicentenaire de la création du Suprême Conseil pour les îles françaises de l’Amérique du vent et sous le vent 1802-2002, supplément au n°46, deuxième semestre 2002, p. 87-167.

13 – 1826. Diplôme de 32e degré accordé par le Suprême Conseil de France à Pascal Sétier, imprimeur-libraire, le 7 mai 1826. Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 233, parchemin, 46 x 65,5 cm. Pascal Sétier sera, en 1832, l’imprimeur du Recueil des Actes du Suprême Conseil de France compilés par Charles Jubé. C’est un livre important où beaucoup de documents sur l’histoire du Rite Écossais sont publiés pour la première fois.

14 – 1827. Lettres capitulaires accordées par le Grand Orient de France en son Suprême Conseil des Rites pour la constitution du chapitre La Trinité Unitaire à l’Orient de Dunkerque, le 16 avril 1827. Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 197, parchemin, 53 x 49 cm. « Le Grand Orient de France, dans son grand, puissant et suprême Conseil des Rites [… accorde des lettres capitulaires aux Frères Chevaliers pour que ceux-ci puissent] se livrer à l’étude et à la pratique des plus hautes sciences mystiques ». Le Grand Orient de France est souverain sur l’ensemble des grades de la franc-maçonnerie, les hauts grades sont placés sous l’autorité de son Suprême Conseil des Rites.

15 – 1827 (circa). Diplôme (en blanc) du Conseil des Sublimes Princes Maçons délivré par le Conseil des Grands Chevaliers de l’Aigle blanc et de l’Aigle noir, Grands Elus C.K.S. de La Triple Unité. « Gravé par le Fr Picquet, rue de Bussy ». Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 573, parchemin, 31,5 x 45,5 cm. Fondée en 1801 à Kingston à la Jamaïque et rapatriée à Paris en 1804, La Triple Unité rassemblait beaucoup d’anciens de Saint-Domingue et plusieurs Frères avaient reçu « aux Amériques » les derniers grades de l’Ordre du Royal Secret. Autour de Germain Hacquet qui en fut l’infatigable animateur, les Frères de La Triple Unité étaient les gardiens de la tradition écossaise au sein du Grand Orient et fournirent de nombreux cadres à son Suprême Conseil.  Jusque dans les années 1840, l’une des grandes différences entre le Suprême Conseil de France et le Suprême Conseil des Rites du Grand Orient de France portait sur la pratique du grade de Kadosh. Le premier l’avait suspendue et ne transmettait donc le 30e degré que par communication, le second y était particulièrement attaché et la cérémonie y constituait un des temps forts de la vie écossaise comme en témoigne ce diplôme.

16 – 1827. Certificat de reconnaissance accordé à Joseph Cerneau par le Grand Consistoire des États-Unis d’Amérique à New York. Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 234, parchemin, 57,8 x 70,3 cm. Voir : Alain Bernheim, « An introduction to Joseph Cerneau and his biographers », dans Heredom Transactions of the Scottish Rite Research Society, vol. 6, 1997, p. 21-34.

17 – 1828. Diplôme de Grand Chevalier Elu Kadosh d’Henry Ternaux membre du Conseil du 30e degré Les Sept Ecossais Réunis du Grand Orient de France, 18 avril 1828. Gravé par Coquardon. Bibliothèque du Grand Orient de France, ArDi 570, parchemin, 37 x 44 cm. Avec La Triple Unité, le Conseil Les Sept Écossais Réunis est l’autre atelier phare des hauts grades du Rite Écossais Ancien Accepté au sein du Grand Orient de France. Un de ses membres éminents, le docteur Vassal, sera Grand Commandeur. En 1827, il publie un très intéressant Essai historique sur l’institution du Rit Écossais par un disciple de Zorobabel et, en 1832, un Cours complet de Maçonnerie qui présente, pour la première fois, une analyse symbolique des différents grades du Rite Écossais Ancien Accepté.

18 – 1830. (circa). Diplôme (en blanc) pour les 31e, 32e et 33e grades du Rite Écossais Ancien Accepté conférés par le Grand Orient de France en son Suprême Conseil des Rites. Bibliothèque du Grand Orient de France, parchemin.

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