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Monthly Archives: mai 2013

Une nouvelle revue « on line » : « Ritual, Secrecy, and Civil Society », la recherche maçonnique à l’heure du XXIe siècle !

La première revue en ligne d’histoire de la franc-maçonnerie en « open access » vient de paraître : http://www.ipsonet.org/104-publications/128-ritual-secrecy-and-civil-society. Son titre, un peu plus large – Ritual, Secrecy, and Civil Society – montre d’ailleurs qu’elle ne s’interdit pas d’investiguer des sujets connexes à la franc-maçonnerie elle-même. Notre publication veut être un témoignage du dynamisme des études maçonniques un peu partout dans le monde. L’un des premiers objectifs de la revue est notamment de proposer au public anglophone des traductions d’articles importants parus dans d’autres langues. Le projet est né d’une rencontre avec le président de PSO, Paul Rich, qui nous disait combien il était étonné et admiratif de la qualité de la recherche maçonnique en langue française… et combien il était regrettable que ces travaux soient généralement ignorés au niveau international en raison de l’obstacle de la langue. Ainsi ce premier numéro propose surtout au public anglophone un panel de traductions d’articles illustrant la diversité de la recherche maçonnique francophone.

Ritual, Secrecy, and Civil Society fait partie d’un « bouquet » de revues universitaires on line publiées par la fondation américaine PSO. Basée à Washigton, The Policy Studies Organization (http://www.ipsonet.org/about-us) est à l’origine une émanation de l’American Political Science Association. Organisation à but non lucratif, « PSO » travaille en collaboration avec de nombreux partenaires à l’université et dans la recherche, mais entretient une relation privilégiée et active avec le Roossevelt Institute (http://rooseveltinstitute.org/about).

L’un des grands axes de PSO aujourd’hui est d’imaginer et de mettre en œuvre ce que pourrait être demain « l’université sur internet », non seulement en matière de recherches et de publications, mais aussi d’enseignement. PSO a ainsi une politique dynamique d’accès gratuit aux ressources documentaires en direction des populations étudiantes éloignées des centres universitaires notamment dans les pays en voie de développement.

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1805-1845, deux fois « vingt ans après » : Un étonnant Maçon Écossais, le F :. Alexis DELAFLOTTE

Dip-32e-Delaflotte-1805Alexis Joseph Marie FAUVET de la FLOTTE comme il se fait appeler sous l’Empire – et c’est d’ailleurs sans doute son vrai nom – est né à Paris en 1766. Sous la Révolution, il travaille « aux Affaires Étrangères ». Successivement officier, puis chargé d’affaires de France à Gênes, puis à Florence où il devient secrétaire d’ambassade et même ambassadeur intérimaire en août 1791. Quoique que l’expression vague d’« agent diplomatique » recouvre souvent une appartenance « aux services » (… secrets s’entend !). On le trouve à Paris sous l’Empire comme « jurisconsulte », puis il s’installe en partie à Douai, où il semble avoir des attaches familiales, comme Avocat à la Cour. Il est d’ailleurs membre de la célèbre loge douaisienne Saint-Jean d’Écosse de la Parfaite Union et c’est probablement à ce titre qu’il est mêlé aux affaires écossaises de 1804. Lorsque la Grande Loge Générale Écossaise rejoint le Grand Orient il est nommé officier au sein de la Grande Loge Symbolique (la Chambre « symbolique » du Grand Orient).

Mais surtout il apparaît parmi les premiers Frères élevés par Alexandre de Grasse-Tilly dans les hauts grades du Rite Écossais Ancien Accepté puisqu’il est reçu « 32e » le 8 juillet 1805 (son diplôme, signé notamment par Grasse-Tilly et Kellermann est la 6e pièce publiée dans 18 beaux documents de l’écossisme). Il devient même Grand Chancelier du Grand Consistoire de France, une structure complètement oubliée des historiens maçonniques aujourd’hui mais qui a joué un rôle important dans les débuts du RÉAA en France, avant de disparaître en 1809.

Mais ce qui rend le Frère Delaflotte singulier, c’est qu’il va réapparaître « vingt ans après » – et même un peu plus – dans le paysage maçonnique. Feuilletant, pour un tout autre sujet, un annuaire du Grand Orient des années 1840, ma surprise fut grande de le découvrir dans la liste des « SS :. PP :. de R :.-Sec :. ». En effet, jusqu’en 1848, l’annuaire du GODF publie la liste des FF :. revêtus des 32e et 33e grades. La mention n’est pas ambiguë et c’est bien de lui qu’il s’agit puisque l’on peut lire : « 9 mars 1829 – DELAFLOTTE (Alexis) ex-ministre de France à Florence, jurisconsulte, à Paris (patente du 8 juillet 1805) ». Bien des années après l’effervescence écossaise de l’Empire, il s’est donc ré-affilié au Grand Orient en 1829 et, jusqu’en 1845 au moins, celui-ci le comptait parmi les membres de son Suprême Conseil-Grand Collège des Rites.