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Tolérance, respect des opinions, liberté de conscience : Il y a 80 ans, une « affaire Vesin » à l’envers

En 1932, la société française est encore largement structurée par « la guerre des deux France » : celle qui se recommande de la Révolution française et de ses idées – appuyée sur la franc-maçonnerie – et celle qui refuse les « principes de 1789 », largement soutenue par une Église Romaine qui se veut alors aux avant-postes du combat contre la modernité.

C’est dans ce contexte que prend place l’anecdote suivante. Elle me semble illustrer, dans une période infiniment plus tendue et conflictuelle qu’aujourd’hui, la philosophie libérale du Grand Orient de France.

En 1932, le Conseil de l’Ordre du Grand Orient est saisi par la demande d’une loge qui, à son grand étonnement, a vu un de ses membres « reçu dans les ordres mineurs de l’Église […] et manifestant le désir de le radier, demande quel est l’article de la Constitution susceptible de lui donner satisfaction. La commission [du Conseil de l’Ordre] estime que nous devons nous inspirer, en pareil cas, des principes fondamentaux de l’article premier de notre Constitution : tolérance, respect des opinions, mais, surtout, liberté absolue de conscience. La Maçonnerie ne défend et n’impose de croyances à personne ; elle engage chacun à penser, à discuter, à s’éclairer mutuellement et à agir suivant sa conscience et sa raison. Si un Maçon peut loyalement suivre cette règle, d’accord avec sa croyance particulière, une Loge peut le conserver en son sein. Mais s’il pratique une religion telle que la religion catholique romaine, qui a excommunié la Franc-maçonnerie, cette soumission serait incompatible avec l’esprit de la Maçonnerie » (P.V. du Conseil de l’Ordre du 16 novembre 1932).

On notera d’abord la culture théologique du Conseil de l’époque (où il devait y avoir quelques anciens séminaristes !) ; il distingue bien le cas de l’Église catholique « romaine », laissant entendre que son jugement ne s’applique pas à d’autres Églises qui se proclament catholiques – et où se pose donc la question du sacerdoce – mais  « non-romaines », comme l’Église anglicane, les Églises épiscopaliennes ou l’Église « vieille-catholique » chère aux radicaux suisses.

Fort heureusement le Frère en question avait reçu les ordres dans l’Église catholique… libre (en fait une « petite église » liée à la Société Théosophique). Il put donc rester.

On peut aussi probablement considérer que la restriction avancée à l’époque par le Conseil de l’Ordre quant à l’Église « Romaine » tenait à la situation politique de 1932 et n’a pas de caractère « essentiel ».

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Un commentaire

  1. Inutile d’aller chercher des exemples en 1932, le mauvais procès fait à notre Frère Gérard Collomb est de la même veine…http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Le-mensuel/Une-loge-de-francs-macons-lyonnais-veut-exclure-Gerard-Collomb-du-Grand-Orient

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