Rassembler ce qui est épars

Accueil » Uncategorized » Grandes manœuvres dans le REAA en Europe

Grandes manœuvres dans le REAA en Europe

Aigle-LausanneDans les évolutions que connaît en ce moment le monde maçonnique français, il y a un événement qui, singulièrement, semble être passé assez inaperçu. Il y a quelques jours, le Suprême Conseil pour la France a publié un communiqué relatif à la formation, le 16 mai 2013, d’une « Confédération des Suprêmes Conseils Européens ». Très classiquement la Confédération – une de plus ! – a pour objets l’information réciproque, la mise en place d’actions communes etc. Les signataires sont les Suprêmes Conseils pour la France (1804), d’Espagne (1811), de Grèce (1872), de Suisse (1873), d’Italie (1875), de Roumanie (1881) d’Allemagne (1930) et du Portugal (1993).

La première chose que l’on remarque…  ce sont bien sûr les absents. Cette Europe du REAA se fait sans les britanniques (SC d’Irlande, d’Ecosse et d’Angleterre), mais aussi sans les Hollandais ou les Belges. Il faut dire que le texte s’inscrit dans l’esprit du Convent de Lausanne (1875) et professe donc des idées très françaises en matière de REAA. Ainsi par exemple : « Les Suprêmes Conseils possèdent un droit imprescriptible sur ces trente trois degrés – y compris les grades symboliques donc, même si – ils ont réduit leur transmission initiatique à trente degrés, du 4ème au 33ème ». Voilà qui est difficilement admissible dans des pays où le Rite Ecossais Ancien Accepté est resté, comme à ses origines, exclusivement un système de hauts grades ouvert à des Frères maîtres venant d’horizons maçonniques divers. Le Président de la Confédération est le Grand Commandeur français, Jean-Luc Fauque, le Vice-Président, le Grand Commandeur allemand, Eberhard Desch et le Secrétaire Général, le Grand Commandeur roumain, Constantin Iancu. Comme toute organisation internationale qui se respecte, le siège de la nouvelle confédération est en Suisse, à Lausanne, au siège du SC de Suisse.

Les Français y sont  en position de force et ce n’est sans doute pas un hasard si cet accord est annoncé en pleine « recomposition du paysage maçonnique français ». Y aura-t-il place pour deux Suprêmes Conseils dans l’orbite de la Confédération Maçonnique de France ? S’il y a réunification, sur quelles bases se fera-t-elle ? Une fois pacifiée, la GLNF va-t-elle accepter longtemps de voir ses – encore nombreux – membres pratiquant le REAA se mettre sous l’obédience d’un SC très lié à la GL-AMF ? Cette Confédération des Suprêmes Conseils Européens vient donc très opportunément renforcer l’Avenue de Villiers dans un moment un peu critique et doit donc être versé au dossier des « événements » actuels.

http://www.scplf-reaa.org/Accueil/tabid/40/articleType/ArticleView/articleId/20/Confederation-des-Supremes-Conseils-Europeens.aspx

Advertisements

2 commentaires

  1. pierre noël dit :

    Le(s) SC (français) se présentent comme « les gardiens du Rite » (écossais ancien et accepté) dont ils seraient les garants. Ils délèguent la gérance des grades symboliques aux obédiences mais disent conserver un droit imprescriptible d’autorité sur ces grades. Cela fut la cause de bien des conflits par le passé, récent aussi bien que lointain. Ce postulat est régulièrement rappelé par les autorités de ces SC et peut être la cause de malaise dans les loges où se côtoient des maçons d’ »âge » maçonnique différent.
    Ce postulat est basé sur la lecture restrictive d’un article de la version latine des Grandes Constitutions (dites) de 1786, apportée au SCDF par le comte de Saint-Laurent, SGC d’un hypothétique SC de Nouvelle-Espagne, publiée dans les Actes du SCDF par l’imprimerie Sétier en 1832.

    « Le Suprême Conseil n’exerce pas toujours directement son autorité sur les degrés au dessous du 17ème ou Chevalier d’Orient, d’Occident. D’après les circonstances et les localités, il peut la déléguer même tacitement ; mais son droit est imprescriptible et toutes les Loges et tous les Conseils de Parfaits Maçons, de quelque degré que ce soit, sont, par les présentes, requis de reconnaître, dans ceux qui sont revêtus du trente troisième Degré, l’autorité des Souverains Grands Inspecteurs Généraux de l’Ordre, de respecter leurs prérogatives, de leur rendre les honneurs qui leur sont dus, de leur obéir et enfin, de déférer avec confiance à toutes les demandes qu’ils pourraient formuler pour le bien de l’Ordre, en vertu de ses lois, des présentes Grandes constitutions et de l’autorité dévolue à ces Inspecteurs que cette autorité soit générale ou spéciale, ou même temporaire et personnelle. »

    L’autorité des SGIG est ainsi affirmée sur tous les grades de toute loge ou chapitre, sans même spécifier qu’ils doivent être du REAA. Remarquons que sont utilisés les termes expressément rappelés par les SC (français) actuels, « droit imprescriptible ».

    Comment ne pas souligner que cette version latine est infirmée par les très nombreuses copies manuscrites ou imprimées de la version «française » (quoique traduite de l’anglais), datant sans doute de 1803 (donc vraisemblablement antérieure à la version latine), concoctée aux USA et transmise de la main à la main aux premiers 33°, dont les fondateurs du SCDF ? Il en existe deux versions d’origine à Bruxelles, une au siège du SCPLB, l’autre à la bibliothèque royale.
    Et là l’article 6° est tout différent. L’autorité du SC ne s’exerce pas sur les grades inférieurs au 17° (donc a fortiori dans les loges symboliques). Il est seulement demandé que soit reconnue la qualité (d’où la phrase traditionnelle, « en vos grade et qualité ») des GIG en loge de Parfaits Maîtres et Conseil, donc dans des organismes de hauts-grades du REAA.

    « 6° Le pouvoir du Suprême Conseil n’interfere dans aucuns grades au dessous du 17ème ou chev d’orient et d’occident mais chaque Conseil et loge de parfaits maçons, sont ici requis de les reconnoitre en qualité d’Inspecteurs Généraux et de les recevoir avec tous les honneurs qui leur sont dus. » (orthographe conservée)

    P.Noël

  2. Il est surprenant de lire sous le plume d’un haut dignitaire du rite: « Ce postulat est basé sur la lecture restrictive d’un article de la version latine des Grandes Constitutions (dites) de 1786, apportée au SCDF par le comte de Saint-Laurent, SGC d’un hypothétique SC de Nouvelle-Espagne, publiée dans les Actes du SCDF par l’imprimerie Sétier en 1832. »

    En effet si les Actes du Suprême Conseil de France, livre imprimé à Paris en 1832, publiaient pour la première fois la version française des Constitutions de 1786, cet ouvrage pouvait difficilement reproduire la version latine de ces mêmes Constitutions pour la bonne raison que celle-ci ne fut pour la première fois publiée que quatre ans plus tard.

    « En effet, le 23 février 1834, un Traité d’Union, d’Alliance, et de Confédération Maçonnique était conclu à Paris entre trois Suprêmes Conseils, France, Brésil et le Suprême Conseil Uni de l’Hémisphère occidental, traité auquel le Suprême Conseil “séant” ou “établi” à Bruxelles accéda le 5 mars 1835. Le texte de ce Traité fut imprimé à Paris en 5836 par « J.-A, Boudon, rue Montmartre 131 » (Il se trouve à la Bibliothèque du Grand Orient de France). Il était suivi par un long document rédigé en latin – que n’accompagnait aucune traduction en langue vernaculaire – dont le titre général était: Vera Instituta Secreta et Fundamenta Ordinis Veterum-Structorum-Liberorum-Aggregatorum atque Constitutiones Magnae Antiqui-Accepti-Ritûs-Scoti Anni MDCCLXXXVI. »

    Les lignes précédentes proviennent de la revue Renaissance Traditionnelle, N° 68, octobre 1986, page 260. Quant au comte de Saint-Laurent, il signa le dit traité en qualité de « T. Puis. Souv. Grand Commandeur-Adjoint, ad vitam, du Sup.-Cons.-Uni de l’Hémisphère Occidental (solennellement et légalement formé des Anciens Sup. Cons. de la Nouvelle-Espagne, de Terre-Ferme et Amérique Méridionale, de l’une à l’autre Mer, Îles Canaries, etc., etc., etc., et de l’Ancien Sup. Cons. des États-Unis de l’Amérique Septentrionale), séant à New-Yorck ; — Super Grand-Représentant Ordinaire et Extraordinaire, et Gr.-Député-Général et Spécial de cette puissance, près et vers toutes les Puissances-Maçonniques légalement établies sur les deux Hémisphères ».

    Il n’est peut-être pas inutile de rappeler que le comte deSaint-Laurent, en sa qualité de « Grand Commandeur ad vitam de l’ordre pour les Possessions espagnoles du Continent de l’Amérique du Sud et du Golfe du Mexique sur les deux mers » et membre du Suprême Conseil des Îles Françaises de l’Amérique, avait reçu le 16 août11816 du comte de Grasse-Tilly le pouvoir de le représenter en son absence, qu’il avait été inscrit sur le tableau du Suprême Conseil de France en qualité de membre honoraire (lettre du comte Muraire, du 28 juin 1822) et qu’il en était devenu membre actif en 1834.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :