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Antiquités maçonniques : la « vente du siècle » à Londres

Image-Vente-RoseberysMardi 18 mars, Londres a été le théâtre d’un événement discret mais qui a mis en émoi un cercle restreint et actif au sein de la franc-maçonnerie mondiale : celui des musées et des collectionneurs. La maison de vente aux enchères Roseberys dispersait ce jour là l’une des plus importantes collections maçonniques privées du XXe siècle : celle d’Albert Edward Collins-Nice (1898-1969). Maçon très zélé, pilier du « Craft » et de nombreux des pittoresques systèmes de hauts grades d’outre-Manche, il fut aussi un collectionneur expert et avisé. A la vue du catalogue, on comprenait pourquoi les spécialistes anglais affirmaient que l’on avait pas vu un tel événement depuis plusieurs décennies : 189 lots de bijoux maçonniques dont une série inégalée des fameuses productions de Thomas Harper, le célèbre fabriquant de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle ; une quinzaine de ces grands bijoux (15 cm de hauteur et plus) composites qui furent à la mode dans les loges anglaises entre 1810 et 1825 et qui sont l’un des « musts » des collectionneurs britanniques – habituellement le marché n’en propose guère plus d’un par an. Montres, boîtes, faïences, verreries, il y en avait pour tous les goûts et toutes les collections. La troisième et dernière partie de la vente était consacrée aux livres. Collins-Nice avait tout, y compris des raretés comme le Plot – où l’on découvre, en 1686, l’un des tout premiers textes sur la Maçonnerie non-opérative –  la troisième et magnifique édition de Ahiman Rezon ou un extraordinaire tuileur aquarellé français des décors des 33 grades du REAA. Devant l’abondance de la matière, des estimations qui paraissaient très raisonnables, amateurs et institutions étaient accourues – y compris du « continent » – et il y avait foule ; chacun étant partagé entre le plaisir de retrouver des têtes connues communiant dans la même passion… et le dépit de voir que la concurrence serait rude et que les « amis » étaient aussi au courant ! Les miracles sont rares et les participants comprirent vite que les lots partiraient bien au-dessus des estimations. En moyenne ces magnifiques bijoux furent adjugés entre 2, 3 voire 5 fois l’estimation ! Les stars de la vente, les grands bijoux « 1820 », estimés 200-300 livres, furent adjugés entre 1200 et 3000 livres ! En revanche, pour ceux qui eurent le courage de tenir jusqu’à la fin de cette vente interminable, la partie « livres » allait réserver de divines surprises. Signe des temps, les livres suscitèrent moins d’intérêt et, à quelques exceptions près, les ouvrages furent tous dispersés en dessous, voire bien en dessous, de leurs estimations. Dans le dernier Eurostar du soir, les voyageurs pouvaient ainsi voir, avec une curiosité non dissimulée, le spectacle insolite de quelques Français harassés et tirant dans la douleur de très lourds et mystérieux sacs.

Catalogue à : http://content.yudu.com/Library/A2r9wz/RoseberysMarchDay1Ma/resources/index.htm

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Un commentaire

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