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Jules Perahim : Surréalisme et occultisme au MAMCS

PerahimAprès la magnifique exposition sur L’Europe des esprits en 2011, le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg (MAMCS) nous propose, jusqu’au 8 mars 2015, une manifestation importante sur Jules Perahim (1914-2008), un grand nom – un peu oublié – du Surréalisme. Perahim appartient à cet étonnant groupe du Surréalisme roumain qui rassemble, dans le Bucarest des années 30, de très jeunes étudiants, poètes et peintres, qui se lancent dans l’avant-garde artistique. Il est aussi le plus jeune d’entre eux et – véritable Rimbaud – peint, entre 16 et 18 ans, des toiles inspirées comme cet envoutant « Un peuplier traverse la mer » – en 1932, il a 16 ans – qui est l’œuvre d’un véritable voyant. Comme son ami Victor Brauner et beaucoup de surréalistes roumains, Perahim est très intéressé par l’occultisme et conçoit son rôle d’artiste comme celui d’un medium qui doit faire voir d’autres mondes qui existent en parallèle au nôtre. Mais, à la différence de Brauner par exemple, il apporte un soin méticuleux au dessin et aux techniques, on pourrait presque voir dans son œuvre un « hyperréalisme surréalisme », cela donne une grande force à ses visions. Si le travail de Perahim est marqué du sceau de l’étrange, sa vie elle-même est extraordinaire. Ces jeunes gens anticonformistes et turbulents sont d’abord poursuivis par les régimes conservateur puis fasciste de la Roumanie des années 1930. Ils rallient bien sûr les mouvements révolutionnaires et communistes. Mais sont vite en but à l’hostilité de l’orthodoxie stalinienne dans la Roumanie « libérée » de l’après-guerre. Après deux décennies de brimades, il a du renoncer à peindre, Perahim arrive finalement à rejoindre Paris en 1969. Un des grands apports de l’exposition est de présenter cette dernière période parisienne où l’artiste est influencé par les nombreux voyages qu’il fait en Afrique. Cette expérience projette une lumière chaude sur des paysages imaginaires qui jusque-là baignaient plutôt dans une brume froide. Le MAMCS abrite déjà un remarquable fonds Brauner, espérons que cette belle exposition y annonce l’arrivée d’un fonds Perahim. Le plus oriental de nos Musées d’Art Moderne pourrait ainsi proposer au public une fenêtre sur ce mouvement artistique important que fût le surréalisme roumain… ou franco roumain car les tumultes de l’histoire conduisirent beaucoup de ces artistes en France. Alors, si vous voulez voir du vrai merveilleux, quittez les allées encombrées du marché de Noël et conduisez vos pas vers le Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg. Perahim, La parade sauvage, Musée d’Art Moderne et Contemporain de Strasbourg, jusqu’au 8 mars 2015

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