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De l’écossisme aux Stuarts : le n° 177-178 de Renaissance Traditionnelle

Ce numéro 177-178 de Renaissance Traditionnelle sort des presses au moment où se tient à Paris, dans le cadre prestigieux de la Bibliothèque nationale de France, une grande conférence internationale d’histoire de la franc-maçonnerie. RT en est partenaire et associée pour l’occasion à deux autres importantes revues : les Ars Quatuor Coronatorum britanniques et Heredom, la revue de la Scottish Rite Research Society américaine. Nous proposons donc ici, en quelque sorte, un échantillon de la recherche maçonnique francophone. L’abbé Prévost reste un des grands noms de la littérature française du XVIIIe siècle avec son célèbre Manon Lescaut que nous étudions encore au Lycée. Christophe de Brouwer nous apprend que cet aventureux abbé est aussi l’auteur de l’un des premiers textes en français sur la franc-maçonnerie. Il nous restitue ses sources et nous retrace son contexte. Le nom de Valois apparaît à plusieurs reprises dans les débuts de l’écossisme. Après de longues recherches, Louis Trébuchet a pu identifier Charles de Valois et nous présente cette personnalité du milieu maçonnique parisien des années 1740-1750. Derrière l’homme, c’est le profil intellectuel et culturel que retiendra l’historien. Hauts grades toujours avec ce Manuscrit Saint-Domingue 1764 qui apparaît maintenant, sans conteste, comme un témoignage essentiel sur le système propagé par Etienne Morin à Saint-Domingue dans les années 1760. Il présente le premier état de ce qui deviendra, après un détour par les États-Unis, le Rite Écossais Ancien Accepté. On pourrait reprendre, en l’adaptant, la formule provocante de David Stevenson à propos des origines de la franc-maçonnerie : finalement le REAA est un gâteau fait et cuit en France avec un glaçage américain ! N’oubliez pas au passage d’admirer ce magnifique tableau du Royal Secret que l’on peut maintenant dater de 1764. Hervé Hoint-Lecoq nous propose une étude originale et pionnière avec un itinéraire dans les Loges des grandes villes en suivant les guides de voyage du XVIIIe siècle. C’est une véritable empreinte de la sociabilité cosmopolite que la Maçonnerie met en œuvre dans l’Europe des Lumières. Les Stuarts et la franc-maçonnerie, quel sujet plus mythique ? Nos lecteurs découvriront des documents authentiques attestant que, in fine, Charles Edouard a bien assumé la charge de Grand Maître de l’« Ordre du Temple de Saint-Jean » et a été « reconnu comme tel » par les Maçons. Du Temple encore avec Louis-Théodore Juge, personnalité de la Maçonnerie parisienne de la monarchie de Juillet, un temps fouriériste, qui aimait à se présenter comme « Grand Maître du Conseil de Kadosh de la Clémente Amitié, Grand Bailli de l’Ordre du Temple ». Marc Mirabel et Thierry Boudignon mettent un visage et une vie sur ce nom rencontré tant de fois dans les archives. Ce numéro s’achève par un complément passionnant de « Johannes, eques a Clara Luce » sur l’héraldique des CBCS et une consistante note de lecture de Pierre Lachkareff sur les ouvrages importants publiés récemment par Yves Hivert-Messeca. Voilà donc un beau programme pour ce numéro qui inaugure la… quarante-sixième année de notre revue 
Pour acquérir le n° voir : http://www.renaissance-traditionnelle.com

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3 commentaires

  1. […] une présentation du numéro, voir : pierremollier.wordpress.com/2015/06/02/de-lecossisme-aux-stuarts-le-n-177-178-de-renaissance-traditi…Et pour acquérir la revue : […]

    • pierre noël dit :

      Une véritable loge jacobite à Rome, 1735-1737. C’était une vraie loge dont les PV, publiés en fac-simile en 1910 par W.J.Hughan, furent déposés dans les archives de la GL d’Ecosse en 1800. On y trouve les PV de 12 tenues, avec les noms des participants, tous jacobites, souvent de haut rang et ayant participé à l’aventure de 1715, exilés à Rome avec la famille Stuart.
      Les bye-laws sont en latin, avec cette note délicieuse :
      Art. 3 : Peregrini rejiciuntor si linguam Anglicam non intellegunt.

      Le 19 mars 1736 Lord Winton fut reçu maître maçon. C’est une des premières mentions de ce grade, l’année même de la création de la GL d’Ecosse.
      Nulle part n’est mentionné le nom du prince Charles-Edouard, Bonnie Prince Charlie.

  2. pierre noël dit :

    K.C.F Feddersen, (Statuten und Ordensregeln des Freimaurer in England, Frankreich, Deutschland und Skandinavien (1989) rapporte que von Hund possédait, depuis 1751 au moins, une version de la règle de l’ordre (médiéval) du temple en LXXII articles. C’est un manuscrit rédigé en latin, quasi identique aux versions connues de l’ordre du temple, conservées à Rome, Dijon, Bruges … A ces articles originaux, s’ajoutent une dizaine d’articles plus spécifiques, propres à la SO et montrent l’incontestable lien avec la maçonnerie du temps, ne fût-ce que par la description des pénalités.
    Le manuscrit de Von Hund fut transmis à sa mort au duc de Brunswick, puis au prince de Hesse-Cassel. Au décès de celui-ci, le ms fut déposé à la bibliothèque de la Grande Loge du Danemark, où il se trouve toujours. Tout fut découvert pas Feddersen dans les archives de la GL du Danemark, où elles furent déposées à la mort de Charles de Hesse.
    On ignore d’où von Hund tenait la règle primitive du Temple, mais elle est identique à celle publiée par Aubert le Mire (1573 – 1640), historien ecclésiastique d’Anvers et par d’autres.
    Fedderssen en publie une reproduction en fac-simile et sa traduction en allemand. Il est intéressant que le ms s’intitule, règle de la milice des pauvres chevaliers de la cité sainte.

    Voici les articles 73 à 81, conservés à Copenhague, traduits de l’allemand. Ils sont manifestement d’inspiration maçonnique, ne fût-ce que par la description des pénalités, et ne se trouvent dans aucune règle connue de l’ordre du temple.

    LXXIII Saint Jean Baptiste doit être vénéré comme saint patron de l’ordre
    LXXIV Comment les fêtes de St. Jean le baptiste, de saint André et de saint Jean l’évangéliste doivent être fêtées. Cet article contient des instructions pour le service religieux.
    A la messe de minuit des fêtes désignées, les frères doivent être présents avec une lanterne, armés pour le combat, la poitrine et les genoux dénudés, pieds nus.
    LXXV Les frères qui ne sont pas autorisés à prendre part aux conseils secrets du chapitre ne peuvent y assister.
    LXXVI Des signes et des mots de reconnaissance (naturellement, ceux-ci ne sont pas écrits).
    LXXVII Que ces signes et mots de reconnaissance doivent être gardés secrets. Le traître est menacé de lourdes peines : après avoir été décapité et que ses entrailles eussent été extirpées, son cœur sera arraché, son corps brûlé, ses cendres profanées et répandues, sa mémoire effacée de l’ordre.
    LXXVIII De la formule d’allégeance. Les termes du serment ne seront pas communiqués.
    LXXIX De la distribution de la lanterne et des cloches. Dans la maison des chevaliers du temple, dans la cellule des frères ou autre lieu où doit habiter un frère, une lumière ne doit jamais manquer dans la nuit, par laquelle il veille en tout temps et se montre prêt au bon combat. Au nouveau reçu, une lumière doit être donnée qui lui montrera avec certitude la voie de la cité sainte, contre les ennemis du christ. Sinon le frère qui se trouve hors de la cité doit avoir une cloche avec lui, avec l’aide de laquelle il doit appeler ses compagnons à l’aide, si il remarque des ennemis, pour qu’il puisse avec ceux-ci intimider l’adversaire.
    LXXX De la distribution des armes. A chaque frère doivent être donnés une épée et un poignard et il ne peut jamais paraître sans ces armes. Ainsi armé, il ne devra jamais, même quand il est seul, fuir devant trois ennemis, aussi incroyable que cela paraisse. S’il devait cependant jamais être capturé, ce poignard seulement devra être offert en rançon.
    LXXXI Les insignes de la religion (nb : il s’agit de la croix du temple) doivent toujours être portés.

    L’intérêt de ce document n’est pas dans la découverte d’une version de plus de la règle de l’Ordre du Temple (ce qui n’a guère d’intérêt sinon pour les médiévistes), mais de la trouver dans un contexte strictement maçonnique. IL paraît probable d’après e texte que c’est la maçonnerie qui a influencé les (néo-)templiers, et pas l’inverse.

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