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Pourquoi un Rite en 33 grades ?

En maintenant plus de deux siècles, le Rite Écossais Ancien et Accepté s’est profondément enraciné dans le paysage maçonnique mondial. Il en constitue même l’un des principaux repères. De l’Amérique du Sud à l’Europe du Nord et de la Turquie au Canada, chaque Maçon sait ce qu’est un « 33e ». Pourtant le Rite Écossais Ancien et Accepté et son impressionnante échelle en 33 grades sont aussi le produit d’une histoire. On sait que les 33 degrés ont été obtenus en ajoutant quelques grades aux 25 de l’ancien « Ordre du Royal Secret » d’Étienne Morin, que nous appelons aujourd’hui le « Rite de Perfection ». Quelle est l’origine de cette première échelle de 25 degrés ? Pourquoi y a-t-on ajouté des grades et pourquoi 33 ? D’où viennent ces grades ajoutés et comment s’est mise en place cette nouvelle échelle en 33 degrés qui est maintenant un élément classique et structurant de la franc-maçonnerie un peu partout dans le monde.

I. Au commencement était le « Rite de Perfection » en 25 grades ?

II. 1801 et l’apparition du « Rite en 33 grades »

III. Pourquoi passer de 25 à 33 grades ?

IV. Une échelle de 33 degrés qui mettra des années à se fixer

Retrouvez les éléments que j’avance dans « Pourquoi un Rite en 33 grades ? » dans l’une des dernières publications du Grand Collège des Rites Écossais :

Rite Écossais Ancien Accepté : Les grades ajoutés

Auguste de Grasse-Tilly et le moment 1804 : Nouveau regard sur la création du Suprême Conseil à Paris

Les Actes du colloque Grasse-Tilly organisé par le Grand Collège des Rites viennent de paraître, vous pourrez y découvrir – notamment – la communication que j’y ai proposée sur la création du Suprême Conseil en 1804…

On croit connaître cet épisode majeur de l’histoire maçonnique française qu’est l’implantation à Paris, à l’automne 1804, du Rite Écossais Ancien Accepté et de son Suprême Conseil du 33e degré. Épisode d’ailleurs relaté par des observateurs qui en furent, non seulement des témoins, mais aussi des acteurs, comme Pierre-Julien Pyron qui publia en 1814 un Abrégé historique de l’organisation en France des 33 degrés du Rite Écoss\ Ancien et Accepté. Petit ouvrage qui paraît bien être la première histoire du RÉAA en France et qui fut utilisé ensuite comme source par beaucoup d’historiens maçonniques.

« En 1804 les malheurs de la guerre forcèrent les membres du Suprême Conseil du trente-troisième degré établi dans l’île Saint-Domingue de se séparer. Plusieurs se réfugièrent à Paris : ils avaient à leur tête F\ de Grasse-Tilly, très-puissant Souverain Grand-Commandeur de ce Suprême Conseil, et investi, d’après les constitutions de 1786, du  pouvoir d’organiser des Suprêmes Conseils dans les États et Empire où il n’en existait pas encore […]. Le 22 décembre 1804,[…] le Suprême Conseil pour la France […] fut définitivement organisé…« 

Si, bien sûr, témoignages et archives convergent pour nous confirmer la création en France, à l’automne 1804, d’un corps de hauts grades du rite apporté des Amériques à Paris par Auguste de Grasse-Tilly, plusieurs points restent obscurs, voir contradictoires, dès qu’on l’on revient aux pièces du dossier et qu’on les sollicite un peu. L’objet de notre contribution est de retourner aux sources et d’éclairer cette création par ce que nous disent les documents de premières mains.

Document 1 : le « Livre d’Or » de Grasse-Tilly (8-16 octobre 1804)

[…]

Document 2 : le procès-verbal de la réunion du Consistoire des « Grands Inspecteurs Généraux » (17 octobre 1804).

[…]

Document 3 : le compte rendu de la 3e séance de la Grande Loge Générale Écossaise de France (10 novembre 1804)

[…]

Document 4 : le « Concordat » du 5 décembre 1804

[…]

Document 5 : Le Livre d’Architecture du Suprême Conseil

[…]

Pour découvrir ces analyses

Auguste de Grasse-Tilly (1765-1845) et la diffusion du Rite Écossais Ancien Accepté au début du XIXe siècle, Les Écossais, vol. 22, T. I, Grand Collège des Rites Écossais, Paris, 2021

La première divulgation des grades « écossais » rééditée

Conversation-AllégoriqueLes deux célèbres historiens maçonniques américains Art de Hoyos et Brent Morris viennent de publier un très utile et remarquable fac-simile de la première divulgation des hauts grades écossais : les « Conversations allégoriques organisées par la Sagesse » . Publiés à Metz en 1763, ces petits livrets donnent les instructions des grades d’Apprentif, Compagnon, Maître, Maître Parfait, Maître Irlandais, Maître Anglais, Maître Élu, Maitre Élu de l’Inconnu, Maître Élu des Quinze, Maître Illustre, Écossais, Sublimes Écossais, Parfaits Maîtres Anglais. Ils constituent la plus ancienne divulgation imprimée des hauts grades.

Mais surtout les rituels qu’ils « révèlent » correspondent incontestablement à un usage de l’époque, à la différence du « Bérage » qui n’est probablement qu’un « produit de libraire » (au regard des nombreux manuscrits de hauts grades du XVIIIe siècle aujourd’hui conservés dans les fonds publics ou les collections privées, à une exception près, les rituels dévoilés par Bérage paraissent assez fantaisistes ou en tout cas atypiques). Preuve de l' »authenticité » des textes révélés, la Grande Loge prit très mal cette divulgation et un retentissant procès maçonnique s’en suivit mettant en accusation l’auteur du parjure le Frère Pincemaille.

Cette réédition est proposée dans le cadre de la Scottish Rite Research Society dont on connaît la qualité des travaux publiés dans la revue Heredom. Il faut souligné le soin qui a été apporté à cette édition et qui en fait un ouvrage de bibliophilie. Au regard du fac-simile du texte français, les auteurs proposent bien sûr une traduction en anglais des différents rituels. Un livre à avoir dans sa bibliothèque !

Sur « L’affaire » voir notre étude : La première divulgation du rituel des hauts grades; Metz 1763, le « crime le plus atroce » : l’affaire Pincemaille ou les secrets de l’écossisme imprimés et vendus aux profanes

Cliquer pour accéder à PM-71-Pincemaille.pdf

Le site de la Scottish Rite Research Society

http://scottishrite.org/about/masonic-education/srrs