Rassembler ce qui est épars

Comment voyagent les Maîtres ?
- De l'Occident à l'Orient et
sur toute la surface de la terre.
Pourquoi ?
- Pour répandre la Lumière et
rassembler ce qui est épars.
Le Régulateur du Maçon
(1785-"1801" )

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Germain Hacquet (1756-1835), Fondateur du Grand Collège des Rites Écossais

Livre Hacquet-LegLes Actes du Colloque organisé à l’automne 2018 sur Germain Hacquet viennent de paraître. L’ouvrage permet de découvrir cet acteur important des premières années du Rite Écossais Ancien et Accepté en France. Un homme dont il faut bien dire que, avant toutes ces recherches, on ne savait pas grand-chose. Mais, au-delà de la personnalité de Hacquet, le volume apporte de très nombreux éléments et documents sur les débuts du REAA. Le lecteurs voyage de Saint-Domingue aux États-Unis, à Paris, en passant par la Jamaïque

Préface par Jacques Oréfice

Germain Hacquet, un illustre inconnu ! par Jean-Pierre Cordier

Le Grand Orient de France entre 1803 et 1805, état des lieux par Eric Saunier

Germain Hacquet, une vie aventureuse puis bourgeoise entre Saint-Domingue et Paris par Jean-Luc Le Bras

La franc-maçonnerie à Saint-Domingue à la fin du XVIIIe siècle par Jean-Luc Le Bras

Germain Hacquet franc-maçon et sa filiation dans l’Ordre du Royal Secret par Pierre Mollier

  1. Un pur produit de la Maçonnerie des « Anciens »
  2. Député Inspecteur Général de l’Ordre du Royal Secret
  3. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e degré
  4. « 30 ans après » le retour à Paris… et toujours la Maçonnerie
  5. Du Suprême Conseil au Grand Consistoire des Rites : la question du Rite de Perfection
  6. Henry Andrew Francken (1720-1795) : le disciple bien aimé d’Etienne Morin.
  7. La vie sans pareil d’Augustin Prévost (1744-1821), Député Inspecteur Général de l’Ordre du Royal Secret… et bien d’autres choses encore.
  8. Pierre Le Barbier Duplessis (1748-1815) : Passeur du Rite de Perfection du XVIIIe au XIXe siècle.

Germain Hacquet dans les instances du Grand Orient par Jean-Luc Le Bras

Germain Hacquet dans les archives du Suprême Conseil de France par Jacques Walch

Une lecture contemporaine du Rite Ecossais d’Hérodom par Jean Delfaud

Conclusion par Jacques Oréfice

Le bon de commande de ce volume peut être téléchargé via le site du Grand Collège des Rites Écossais (voir La Librairie) à https://www.amhg.fr

Renaissance Traditionnelle n°192 : Sur les traces du premier Écossisme

Couverture RT 192Ce numéro 192 clôt – avec un peu de retard – l’année 2018 de notre revue, mais sa matière est particulièrement riche. Depuis quelques années, les historiens maçonniques – aux premiers rangs desquels l’équipe de R.T. – se penchent sur la difficile question de l’origine des hauts grades. Vous trouverez dans ces pages des éléments nouveaux et importants sur l’apparition et les premières versions du grade d’Écossais.

Deux contributions s’attachent à mieux cerner ses sources légendaires et symboliques autour des thèmes de la légende de la voûte et de la « croix de saint André ». Nous sommes particulièrement heureux de republier, et ainsi en quelque sorte de redonner vie, à cet article oublié du grand historien de l’art Émile Mâle. À la suite d’une véritable enquête, il nous restitue les principales étapes de l’apparition dans l’art occidental de ce motif curieux de la croix de saint André.

Nous versons ensuite une nouvelle pièce au dossier des très rares premiers rituels du grade Maître Écossais. Ce manuscrit Horn est tiré des exceptionnelles archives de l’Ordre Maçonnique Suédois prend place d’emblée parmi les très rares documents sur les tout débuts de l’écossisme.

Avec Samuel Macaigne, nous nous penchons sur une version de l’« Écossais de Morin » qui se révèle être un des chaînons manquants dans l’élaboration des manuscrits Francken.

Depuis quelques années Alexandre Minski a publié plusieurs traductions d’importants essais sur le néoplatonisme de la Renaissance, nous donnant ainsi accès au meilleur de la recherche anglo-saxonne en la matière. Pour marquer la sortie de Prisca Théologia, une magnifique étude de Daniel Walker sur les néoplatoniciens français, nous vous proposons un grand entretien avec son traducteur. C’est l’occasion de revenir sur la place du néoplatonisme dans l’histoire de l’ésotérisme en Europe.

Enfin, avec Pierre Lachkareff, ce riche numéro se conclut par trois notes de lecture approfondies sur des livres qui s’imposent déjà comme des ouvrages de référence dans notre domaine.

Ces quelques mots d’introduction à ce beau numéro ne sauraient s’achever, cher lecteur, sans une invitation… à renouveler votre abonnement pour l’année 2019 !

Sommaire du numéro 192 de RT :

Avant-propos

Les sources juives et chrétiennes de la légende de la Voûte par Pierre Mollier

Histoire et légende de l’apôtre saint André dans l’art par Émile Mâle

Le rituel de Maître Écossais de Fredrik Horn et les débuts de l’écossisme par Pierre Mollier

Le Grand Élu Parfait Maître et Sublime Écossais d’Étienne Morin : encore un « pré-manuscrit » Francken par Samuel Macaigne et Pierre Mollier

Prisca theologia Entretien avec Alexandre Minski

Notes de lecture par Pierre Lachkareff

Pour acheter ce numéro aller sur le site de Renaissance Traditionelle

Le Rite Français

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Lors d’une conférence à la GLNF le 17 janvier 2019, j’ai essayé de faire une présentation synthétique des sources et de l’histoire du Rite Français jusqu’à la fixation du « Régulateur du Maçon » et sa diffusion dans les années qui précèdent la Révolution.

Vous pouvez visionner, et même télécharger, cette conférence avec ce lien :

Le Rite Français par Pierre Mollier

 

2018: Louis Charrière et les 80 ans du Grand Prieuré Indépendant de France

Charrière-GPIF-1Dans le domaine de l’histoire maçonnique, 2018 marque bien sûr les 240 ans du Convent des Gaules – qui vit la première fixation du Régime Ecossais Rectifié – mais aussi les 80 ans du Grand Prieuré Indépendant de France, fondé en 1938 sous le beau nom de « Grand Prieuré Indépendant des Anciennes Provinces de France », la structure qui gère le parcours des Maçons rectifiés au-delà du grade de Maître au Grand Orient de France. Le principal artisan de cette création est Louis Charrière, un Maçon aujourd’hui un peu oublié mais auquel les Frères RER du GODF sont heureux de rendre aujourd’hui un hommage mérité.

« Fidèle et dévoué collaborateur » de Camille Savoire dans une période où le Régime Écossais Rectifié est devenu un sujet d’intérêt majeur du Grand Commandeur du Grand Collège des Rites, Louis Charrière devait être étroitement associé à ses projets. À l’initiative de Savoire, il fait partie des quelques Frères envoyés à Genève pour être armés CBCS le 5 novembre 1932. Comme « secrétaire administratif » il participe de près aux deux chantiers que Savoire mène de front. La création d’ateliers du RER au sein du Grand Orient, les difficiles négociations du Grand Commandeur avec le Conseil de l’Ordre pour assurer au rite le respect de ses spécificités et une large autonomie. Dans un premier temps, le charisme de Camille Savoire au sein de l’obédience lui permit d’avoir gain de cause auprès du Conseil. Ainsi, le 16 septembre 1933, le Grand Collège des Rites crée en son sein un Grand Directoire du RER. En revanche, le Convent de septembre 1934 fit l’objet d’une véritable campagne interne de dénigrement et refusa finalement d’entériner les accords qui avaient été trouvés. Ce refus, mal vécu par un Savoire qui traversait sur le plan personnel une période très difficile, l’état de santé de son fils unique était de plus en plus préoccupant, amena la rupture. Camille Savoire démissionne du Grand Orient et crée le Grand Prieuré des Gaules le 23 mars 1935.

Dans un premier temps, par fidélité à Savoire et par dépit pour une décision du convent ressentie comme injuste pour des vieux serviteurs de l’obédience, Louis Charrière semble dans une position d’attente. Il participe ainsi à la fondation du Grand Prieuré des Gaules, en tant qu’invité dira-t-il plus tard. Mais, lorsque le nouveau Grand Prieuré met sur la place publique tous les reproches qu’il fait à la rue Cadet et qu’une partie de ses Loges symboliques rejoignent la Grande Loge de France, étrangère à la tradition rectifiée, c’en est trop pour Charrière. Il se fait alors le défenseur des droits du Grand Orient de France sur le RER et n’aura désormais de cesse de le développer. En 1938, il publie un ouvrage essentiel qui propose notamment une très importante documentation sur l’histoire du RER : Le Régime Écossais Rectifié et le Grand Orient de France, notice historique, 1776 à 1938.

En 1939, en dépit de ces controverses, la situation du RER au sein du Grand Orient reste prometteuse. L’obédience compte près de 400 Maçons travaillant dans des Loges symboliques pratiquant le Rite Rectifié (en fait, pour la plupart, ce sont des ateliers qui ont demandé la « cumulation de rites » et le pratiquent en parallèle au Rite Français), quatre Orients – Bordeaux (21 octobre 1930), Besançon (6 novembre 1937), Toulon (18 janvier 1938) et Nice (19 février 1938) – comptent une Loge de Maîtres Écossais de Saint-André et une dizaine de CBCS lui sont restés fidèles. Piqués par le départ de Camille Savoire, qui a été pour beaucoup un véritable traumatisme tant il était associé à la rue Cadet, la direction du Grand Orient accorde largement en 1938, ce qu’elle avait difficilement concédé en 1935. Le 18 juin 1938, le Conseil de l’Ordre approuve une décision du Grand Collège des Rites créant en son sein le « Directoire Écossais des Anciennes Provinces de France », qui prend dans les semaines qui suivent le nom de « Grand Prieuré Indépendant des Anciennes Provinces de France », en abrégé « Grand Prieuré Indépendant de France ». Louis Charrière en est l’âme et en devient le numéro deux avec l’office de Grand Chancelier

(Vous pourrez retrouver la biographie complète de Louis Charrière dans le catalogue de l’exposition du Musée de la franc-maçonnerie sur le RER)

Quoi de neuf dans la nouvelle édition du Régulateur ?

Regulateur-A-1Vingt-cinq ans après le début de ces recherches et presque quinze ans après la première édition de ce livre, dans quelle perspective s’inscrit cette deuxième édition ? Nous avons certes pu préciser ou enrichir quelques points mais, globalement, l’histoire du Régulateur elle-même n’a guère changée. Aucune découverte nouvelle ne nous a conduit à modifier significativement la chronique – parfois fastidieuse ! – de la fixation d’un rituel de référence par les Chambres du Grand Orient de France. De même, il n’y a pas vraiment d’éléments nouveaux sur les épisodes touchant à la diffusion du texte aux Loges, les débats sur l’impression, ou les réactions outragées à son édition « non autorisée » en 1803 par l’un des premiers marchands spécialisés en articles maçonniques.

En revanche, nous avons sensiblement amendé notre approche sur les sources et l’histoire des trois premiers grades du Rite Français avant sa fixation par le Grand Orient de France. À la suite de notre Maître, René Guilly, nous insistions sur la filiation entre les « Modernes » anglais et le Rite Français. Dès les années 1960, un des grands apports du travail de René Guilly avait été de montrer que les différences – les oppositions – entre « Modernes » et « Anciens » étaient la clef d’interprétation principale et la grille de lecture fondamentale pour comprendre tous les rituels du XVIIIe siècle (pour les grades symboliques). Cela reste globalement vrai… mais doit néanmoins être aujourd’hui nuancé, notamment à la suite des derniers développements de la recherche maçonnique britannique. Il y a un lien fort et incontestable avec les premiers rituels des Modernes élaborés par la Première Grande Loge dans les années 1720 et 1730, ceux, par exemple, que présente la divulgation Masonry dissected en 1730. Mais par la suite, surtout autour de 1760, les rituels des Modernes eux-mêmes vont évoluer et s’enrichir d’éléments… empruntés aux Anciens. Il est même probable qu’au début du XIXe siècle, peu avant l’« Union de 1813 », les deux traditions rituelles s’étaient beaucoup rapprochées. Si l’on peut toujours dire que le Rite Français est la version française du rite des Modernes… il faut préciser, des premiers Modernes.

Cette affirmation doit elle-même être complétée. En effet, si les Français ont gardé la structure de la Loge Moderne et la base des rituels et de l’instruction qui en découle… ils l’ont assez vite enrichie d’autres éléments symboliques ; donnant par là, dès le milieu du XVIIIe siècle, des caractères propres et une identité autonome au Rite Français. De même, comme nous avons essayé de le montrer par ailleurs, le XVIIIe siècle connaît de nombreuses variantes du Rite Français ; certaines marquées par une atmosphère incontestablement religieuse, d’autres au contraire assez sécularisées.

Aussi l’équation, souvent avancée, « esprit des Lumières – Rite des Modernes – Rite Français » est une belle formule… mais l’historien doit la considérer avec méfiance. Elle est sans doute vraie pour Le Régulateur, mais beaucoup plus sujette à caution pour d’autres versions du Rite Français. Ainsi le Corps complet – dont nous proposons maintenant un facsimilé des trois grades – un texte tout à fait représentatif de l’un de ses courants au XVIIIe siècle, et non des moindres, paraît bien peu marqué par l’esprit des Lumières ! Finalement, comme souvent en histoire, on doit éviter les analyses « essentialistes » qui assignent à l’objet d’étude – ici le Rite Français – des caractères intemporels et sortis de leurs contextes.

Dernière réflexion, notre regard sur Le Régulateur a lui-même évolué depuis nos premières recherches. À l’époque, nous le considérions comme le modèle par excellence du rituel du XVIIIe siècle. Une sorte de joyau – un diamant pur – de la tradition maçonnique française du siècle des Lumières. Aujourd’hui, avec vingt ans d’expérience dans l’étude des rituels, nous le considérons comme un texte intermédiaire. Il plonge certes ses racines dans le XVIIIe siècle et en est incontestablement un produit – le texte est adopté en 1785. Mais, par de nombreux points, il annonce aussi les rituels du XIXe siècle, notamment par ces commentaires moraux qui accompagnent plusieurs séquences des cérémonies et qui envahiront les textes maçonniques du XIXe siècle.

Plus complexe, Le Régulateur du Maçon n’en est que plus intéressant. Cette nouvelle approche lui donne une place encore plus centrale dans l’histoire de la franc-maçonnerie en France.

Pour commander le Régulateur, cliquez ici.

Franc-maçonnerie et Illuminisme au XVIIIe siècle, le nouveau Renaissance Traditionnelle (n°190-191)

RT 190-191 Couverture Print-1Ce numéro double de l’année 2018 vous propose trois études novatrices et beaucoup d’éléments inédits sur un sujet classique mais toujours passionnant : les liens entre l’illuminisme du XVIIIe siècle et la franc-maçonnerie. Comme le montre le Discours de Ramsay – sur lequel nous sommes longuement revenus dans notre dernière livraison – dès les années 1730, les Français ont, si ce n’est créé, du moins beaucoup développé l’association entre initiation et franc-maçonnerie. Cette association étroite a conduit nombre de courants ésotériques du Siècle des lumières à prendre une forme maçonnique et à solidement s’arrimer aux Loges. Les lecteurs de R.T. pensent naturellement à Martinès de Pasqually et à son Ordre des Chevaliers Maçons Élus Coëns de l’Univers, mais on pourrait aussi citer les divers rites de la Maçonnerie hermétique ou d’autres formes de Maçonnerie théosophique. Cette Maçonnerie illuministe va être évoquée ici au travers de trois figures, fort différentes, mais toutes singulières.

Antoine Faivre nous propose d’abord un très beau dossier sur une personnalité célèbre, dans notre domaine, mais finalement mal connue : Touzay-Du Chenteau, l’auteur de l’extraordinaire Carte Philosophique. Ces quatre grandes planches ésotériques – de près d’un mètre sur quatre-vingts centimètres ! – sont certainement l’une des productions les plus curieuses de l’illuminisme du xviiie siècle. Nous avons montré que le Souverain Chapitre Métropolitain en conservait précieusement les cuivres. Le Philalèthe Savalette de Langes présentait Du Chenteau comme son premier Maître.

Personnalité bien attachante que Jean-André Périsse-Duluc, figure typique du mysticisme lyonnais, comme son ami Jean-Baptiste Willermoz : bourgeois modéré et avisé à la ville mais théosophe ardent dans son intérieur ! Raphaël Benoit nous fait découvrir cet homme que l’on croise si souvent dans l’histoire du Régime Écossais Rectifié, mais qui est resté dans l’ombre de Willermoz. Sur un autre plan, on notera tout l’intérêt de ses confidences à Versailles sous la Révolution. Trois des quatre députés lyonnais sont non seulement Maçons, mais appartiennent à la même Loge – La Bienfaisance – un cas d’école pour les disciples de l’abbé Barruel ! Mais les lettres de Périsse-Duluc nous révèlent que, loin de faire corps, ils sont profondément divisés par les clivages politiques du « monde profane », aux dépens même de ce qui nous apparaît comme la plus élémentaire fraternité. Après l’épisode de l’Agent inconnu, un mystique lyonnais ne pouvait pas passer à côté des prophétesses de la Révolution. On retrouve tout naturellement Périsse-Duluc aux côtés de Dom Gerle dans l’affaire Suzette Labrousse.

Le Frère Louvain de Pescheloche est surtout connu des historiens du Rite Écossais Ancien et Accepté comme l’un des premiers « 33» reçus à Paris par Grasse-Tilly – le 23 octobre 1804 – et un héros de la Maçonnerie d’Empire « mort à Austerlitz ». Sensible à cette glorieuse fin, Jacques Tuchendler est parti sur les traces du Frère de Pescheloche et, à sa grande surprise, derrière le fougueux major de Dragons de l’Empire, il a découvert un Maçon théosophe impliqué dans les épisodes mystiques de la Révolution française. Dans cette véritable aventure, on croise des noms qui nous sont familiers : l’abbé d’Alès d’Anduze, les Chefdebien etc. Au-delà de l’histoire maçonnique, Jacques Tuchendler apporte aussi des éléments nouveaux sur Suzette Labrousse, sa vie et son itinéraire. Et, à l’issue de cette étonnante saga, on découvre l’existence d’une communauté soixante-huitarde prônant « la paix et l’amour » sous la Restauration !

Ces recherches soulignent, une fois de plus, les liens forts entre la Maçonnerie spiritualiste et les formes religieuses non-conventionnelles. On sait l’affinité des Loges avec les petites églises et les tentatives de réformes religieuses au XIXe siècle, on découvre que c’était déjà le cas à la fin du XVIIIe.

Pour commander le numéro 190-191 de Renaissance Traditionnelle cliquez ici

Le Régulateur du Maçon enfin réédité

9791024202792.inddAu tout début du XIXe siècle, un curieux ouvrage paraissait sous le nom de Régulateur du Maçon. Cette publication imprimait en fait les rituels de la franc-maçonnerie tels que fixés par le Grand Orient de France au milieu des années 1780. Celui-ci émit d’ailleurs de vives protestations et tenta de limiter l’audience du livre sacrilège. La vigueur même de la réaction est un indice sûr de l’importance du texte. Ouverture et fermeture des travaux maçonniques, cérémonies de réception aux trois grades d’Apprenti, Compagnon et Maître, agapes rituelles… tous les mystères de l’Ordre y étaient décrits. C’est donc un document essentiel pour comprendre la franc-maçonnerie du Siècle des lumières et la nature profonde du travail des Loges dans cette période fondatrice. D’autant que les sources du Régulateur le rattachent aux commencements mêmes de la franc-maçonnerie spéculative dans les années 1720 et, au-delà, aux usages de la vieille Maçonnerie d’Écosse.

Tout juste sorti des presses pour cette rentrée 2018, ce livre est une nouvelle édition corrigée et augmentée de l’ouvrage que nous avions publié en 2004 : Le Régulateur du Maçon ; la fixation des grades symboliques du Rite Français : histoire et documents. Les principaux ajouts par rapport à la première édition touchent la partie consacrée à la formation du Rite Français au XVIIIe siècle. On y a notamment intégré les avancées récentes de l’érudition maçonnique anglaise sur l’histoire des Moderns et des Antients en Angleterre – le Rite Français se situant dans le sillage des Moderns. On s’est aussi attaché à étudier plus en détail les origines du Corps complet de Maçonnerie, dont on sait maintenant que c’est le premier rituel « officiel » du Rite Français, probablement imprimé par l’une des factions de la Grande Loge au début des années 1770. Au vu de l’importance nouvelle que prend ce texte, nous en présentons un fac-similé complet au côté de celui du Régulateur. Sinon, l’ouvrage propose toujours de nombreux documents sur les débats des Chambres du Grand Orient autour de la question des rituels : procès-verbaux des échanges, rapports, circulaires etc.

Avec Les hauts grades du Rite Français ; Histoire et textes fondateurs, le Régulateur des Chevaliers Maçons (Dervy, 2017), le lecteur peut maintenant bénéficier d’un panorama complet de la fixation du Rite Français au XVIIIe siècle.

La redécouverte des sources, de leur contexte, du complexe processus de fixation des rites est aussi une tentative exigeante de compréhension du caractère particulier de la franc-maçonnerie… et de la dimension initiatique de l’Ordre. Derrière son appareil scientifique, l’histoire est fondamentalement une réflexion sur l’identité et donc une manière de vivre cette identité. Aussi, refaire par l’esprit le cheminement qui a abouti à la fixation du Régulateur du Maçon c’est entreprendre un voyage – initiatique – au cœur de la tradition maçonnique.

Pierre Mollier, Le Régulateur du Maçon, les grades symboliques du Rite Français : histoire et textes fondateurs, préface d’Alain Bauer, Éditions Dervy, Collection Renaissance Traditionnelle, Paris, 2018, 488 p., 28 €.