Rassembler ce qui est épars

Comment voyagent les Maîtres ?
- De l'Occident à l'Orient et
sur toute la surface de la terre.
Pourquoi ?
- Pour répandre la Lumière et
rassembler ce qui est épars.
Le Régulateur du Maçon
(1785-"1801" )

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Masonic Myths and Legends

For my English speaking friends, my latest production from Westphalia Press (Washington). A series of studies on the origins, sources and meanings of the legends used in the rituals of the degrees (Royal Arch, Rose-Croix, Chivalric degrees).

Freemasonry is one of the few organizations whose teaching method is still based on symbols. It presents these symbols by inserting them into legends that are told to its members in initiation ceremonies. But its history itself has also given rise to a whole mythology. Freemasons are the heirs of the builders of cathedrals. They were protected by the Stuart kings in Scotland from the Middle Ages to the Eighteenth Century, and the Stuarts were their secret Grand Masters. Freemasonry preserves the teachings of a primitive Judeo-Christian gnosis. In order to better understand these legends and myths and their significance, Pierre Mollier has studied their origins and attempted to find their sources. This book presents some of his research. A better understanding of the origins of the initiatory legends of Freemasonry is undoubtedly one of the best ways to better live one’s Masonic commitment.

Foreword by Paul Rich

I – A 1657– masonic? – Bookplate: operative or speculative… That is the question?

II – A Personal Testimony about Masonry in Britain in the Eighteenth Century

III – An Archaic “Scottish Master” at the Roots of High Degrees

IV – Some News from the “Russian Archives” about the Early History of the High Degrees: the Scottish Order in Berlin from 1742 to 1752

V – The Jewish and Christian Sources of the Legend of the Vault

VI – The Masonic Degree of Rose-Croix and Christianity: The Complex Links between Religion and Freemasonry during the Enlightenment

VII – The 1764 Santo Domingo Manuscript: A Reflection of the French Original of the Francken Manuscript

VIII – Malta, the Knights, and Freemasonry

IX – The Stuarts and Freemasonry: The Final Episode

X – The Masonic Orders of the Holy Sepulchre in Eighteenth-Century France

XI – Election, Representation, and Democracy: Debates Surrounding the Organization of the Grand Orient de France (1773-1789)

XII – Theophilanthropy: A (Masonic) Plan for a Religion without myths and legends

To order the book

Lucien Graux : « prince des bibliophiles » et franc-maçon

Lucien Graux est maintenant bien oublié. On ne trouve plus guère son nom aujourd’hui qu’au détour de catalogues de vente aux enchères ou de libraires où l’on peut parfois lire la mention « ancienne collection Lucien Graux ». Celle-ci est restée un indéniable label de qualité. Lucien Graux a été l’un des plus grands collectionneurs de l’Entre-deux-guerres. Le plus grand peut-être à cette époque qui est un des âges d’or de la bibliophilie. On l’a souvent présenté comme « le prince de bibliophiles ». C’est par exemple lui qui, après avoir pu en faire l’acquisition, a offert à l’État le testament de Louis XIV, document essentiel de l’histoire de France mais qui, curieusement, était alors en mains privées. Entre 1953 et 1957, il n’a pas fallu moins de neuf ventes à Drouot pour disperser sa bibliothèque. Les catalogues de ces neuf ventes demeurent des ouvrages de référence pour tous les bibliophiles.

Lucien Graux est né dans une famille aisée le 4 avril 1878. Son père était un médecin réputé exerçant pendant la « saison » à Contrexéville. Il suit ses traces et fait sa médecine. Tempérament hyperactif, à peine sorti de la faculté de médecine, Lucien Graux devient éditeur de La Gazette médicale et dépose un brevet pour un médicament luttant contre l’acide urique : l’Urodonal. L’Urodonal va transformer le jeune médecin en homme riche. Outre ses qualités propres, l’Urodonal va rencontrer un grand succès en raison de ses célèbres campagnes de publicité. Esprit curieux et inventif, homme avisé, Lucien Graux va s’intéresser aux premières techniques de communication de masse et apparaît comme l’inventeur de la communication médical moderne. Après la guerre de 14, il élargira ses activités en lançant une maison de parfums qui connaîtra aussi la réussite : Arys. Avant même la quarantaine, le docteur Lucien Graux est donc à la tête d’une fortune qui lui donne des loisirs et des moyens pour se livrer à ses goûts pour la collection. En une vingtaine d’années, il rassembla, dans son hôtel particulier du 33 avenue Kleber, l’une des plus grandes et plus belles collections privées de manuscrits et de livres.

Jeune étudiant en médecine aux idées avancées, il est initié au sein de la Loge L’Enseignement Mutuel du Grand Orient de France le 12 avril 1899, compagnon et maître, deux mois plus tard, le 29 juin 1899, il est Rose-Croix en juillet 1902 et Chevalier Kadosh (Chapitre et Conseil L’Avenir) en octobre 1903. Même pour une époque, peu portée sur le symbolisme, où les passages de grades se faisaient rapidement, c’est un parcours express ! En 1901, il est l’un des fondateurs de la Loge – bien nommée – Les Étudiants qui veut rassembler la jeunesse républicaine du quartier latin. Sa vie maçonnique active semble s’être surtout déroulée avant la guerre de 14 et il paraît avoir été moins présent en Loge à partir des années 1920. Néanmoins il tient à son affiliation maçonnique puisque, porté démissionnaire en 1935 à la suite d’un problème administratif, il entreprend des démarches pour obtenir sa réintégration – qui ne pose aucun problème – et est rapidement réinscrit sur le tableau de la Loge. Il sera d’ailleurs stigmatisé comme franc-maçon par la presse collaborationniste (Le Matin du 9 août 1941 ). Lucien Graux, qui a donc 62 ans en 1940, ne supporte pas l’effondrement de la France et le régime de Vichy, et s’engage dans la Résistance.

Arrêté par les Allemands à son domicile le 10 juin 1944 à l’aube, déporté, le Frère Lucien Graux est mort au camp de Dachau le 10 octobre de la même année.

Un magnifique « super ex-libris » maçonnique

Un peu au hasard d’une recherche, malheureusement infructueuse, nous sommes tombé sur ce très beau « fer » à motif maçonnique. Il ornait les plats des règlements de la loge « Le Parfait Silence » de Lyon. On peut en effet deviner – d’autant plus facilement qu’on l’apprend par le contenu du volume ! – que les lettres anglaises enlacées dans le cartouche représentent les initiales LDPS qu’il faut donc lire « Loge Du Parfait Silence ». Mais il faut bien avouer que sans l’aide du contenu, il aurait été périlleux d’interpréter cet entrelacs. L’entrelacs de lettres anglaises paraît avoir été à la mode dans les sceaux des loges de 1770 à l’Empire. L’observateur contemporain peut regretter qu’il ait souvent remplacé une composition symbolique plus riche de sens à nos yeux… mais il faut avouer que la forme et l’agencement des lettres sont souvent si compliqués que cela leur donne un côté ésotérique ! Un esprit rêveur – nervalien ? – pourrait y voir une esthétique qui rappelle la calligraphie et la « science des lettres » orientales…

La copie des règlements qu’abrite cette belle reliure est datée « de l’Ere Vulgaire, le trois avril 1803, de la Rép. Française, le 13 germinal, an 11 », mais le fer lui même paraît plutôt de la fin du XVIIIe siècle. C’est l’occasion de rappelé la définition que nous emprunterons à Christian Galantaris « Super ex libris. Ex-libris, généralement doré frappé sur un plat de reliure : armoiries, nom, devises, emblème, etc. Mot à employer de préférence à supra libros » (Manuel de bibliophilie, T.2, p. 238)

Pour aller plus loin : Voir le chapitre 23 de mon livre Curiosités Maçonniques : Les ex-libris maçonniques : « blasons de l’esprit » et marques des Frères

Pourquoi un Rite en 33 grades ?

En maintenant plus de deux siècles, le Rite Écossais Ancien et Accepté s’est profondément enraciné dans le paysage maçonnique mondial. Il en constitue même l’un des principaux repères. De l’Amérique du Sud à l’Europe du Nord et de la Turquie au Canada, chaque Maçon sait ce qu’est un « 33e ». Pourtant le Rite Écossais Ancien et Accepté et son impressionnante échelle en 33 grades sont aussi le produit d’une histoire. On sait que les 33 degrés ont été obtenus en ajoutant quelques grades aux 25 de l’ancien « Ordre du Royal Secret » d’Étienne Morin, que nous appelons aujourd’hui le « Rite de Perfection ». Quelle est l’origine de cette première échelle de 25 degrés ? Pourquoi y a-t-on ajouté des grades et pourquoi 33 ? D’où viennent ces grades ajoutés et comment s’est mise en place cette nouvelle échelle en 33 degrés qui est maintenant un élément classique et structurant de la franc-maçonnerie un peu partout dans le monde.

I. Au commencement était le « Rite de Perfection » en 25 grades ?

II. 1801 et l’apparition du « Rite en 33 grades »

III. Pourquoi passer de 25 à 33 grades ?

IV. Une échelle de 33 degrés qui mettra des années à se fixer

Retrouvez les éléments que j’avance dans « Pourquoi un Rite en 33 grades ? » dans l’une des dernières publications du Grand Collège des Rites Écossais :

Rite Écossais Ancien Accepté : Les grades ajoutés

Curiosités maçonniques : une nouvelle édition

Même les institutions les mieux établies cachent toujours quelques Curiosités. Derrière le pittoresque de ces anecdotes, nos Curiosités Maçonniques dévoilent souvent des aspects de la franc-maçonnerie laissés dans l’ombre par une approche plus classique. Le sourire est la ponctuation d’instants de lucidité !

Depuis Borgès et Umberto Eco, on sait que les bibliothèques, loin d’être synonymes de recherches arides et d’ennui, recèlent aussi leur part de mystères. Enquêter sur la chaîne des propriétaires d’un manuscrit rare, décoder un ex-libris énigmatique, découvrir une référence inattendue… C’est à ces aventures que nos histoires convient le lecteur.

Ces enquêtes dans les archives des Loges sont aussi des nouvelles romanesques et des contes édifiants pleins d’enseignements pour qui cherche à mieux comprendre « le secret » de la franc-maçonnerie.

Cette deuxième édition de l’ouvrage paru en 2014 est en partie un nouveau livre. Plusieurs des 17 chapitres initiaux ont été complétés par des éléments découverts ces dernières années. 13 nouveaux chapitres – 13 nouvelles curiosités donc – ont été ajoutées ainsi que de nombreuses illustrations supplémentaires.

Table des matières

Préface

Avant-propos

I. Un ex-libris – maçonnique ? – de 1657,

« opératif » ou « spéculatif »… That is the question ?

II. Une Grande Loge oubliée dans les brumes de l’antique cité d’York.

III. La « vraie » Maçonnerie opérative a-t-elle survécu ?

IV. Une « épigraphe » maçonnique à Marseille au xviiie siècle ?

V. Harpocrate en Occitanie : une planche de la Loge écossaise de Toulouse en 1744.

VI. La « croix de Malte » et la franc-maçonnerie.

VII. Le « crime le plus atroce », l’affaire Pincemaille ou les secrets des hauts grades imprimés et vendus aux profanes.

VIII. Statuts & règlements du Très Auguste et Très Aimable Ordre du – bon ! – Moment.

IX. Une initiation au paradis perdu : les Francs-jardiniers.

X. Une Maçonnerie… Pythagoricienne.

XI. Une Maçonnerie celtique : l’Ordre d’Eri.

XII. Les Philalèthes : la bibliothèque est un Temple…

XIII. Notes fugaces arrachées au passé sur le cas regrettable mais avéré d’un gradomane.

XIV. Des livres et des Rites… une quête maçonnique – et bibliophilique – sous l’Empire : la correspondance Thory-Geille sur les débuts du Rite Écossais Ancien Accepté.

XV. Collection et initiation : les 120 rituels du Frère Gaborria.

XVI. Où l’innocente manie de la bibliophilie maçonnique révèle l’existence d’une bibliothèque secrète réunie jadis par un adepte oublié.

XVII. Les Mystères de la Loge « des Trois Frères ».

XVIII. La vie bien remplie du Frère Pingré ou les tribulations d’un chanoine éclairé au siècle de Voltaire.

XIX. Un prêtre tiré des geôles révolutionnaires par la fraternité maçonnique.

XX. Quand un antimaçon devient un excellent Frère : le chemin de Damas maçonnique de Charles-Louis Cadet de Gassicourt.

XXI. De la Maçonnerie symbolique à la République universelle : une dénonciation de la franc-maçonnerie au ministre de l’Intérieur (1822).

XXI. « Une secte voluptueuse et religieuse » :Fourier, les fouriéristes et la franc-maçonnerie.

XXIII. De l’héraldique maçonnique.

XXIV. Le blason hermétique du Rit Écossais Philosophique.

XXV. Jetons et médailles : la numismatique maçonnique.

XXVI. Une « Légion d’honneur » maçonnique, l’ordre des Chevaliers défenseurs de la Maçonnerie et un illustre récipiendaire.

XXVII. Les ex-libris maçonniques : « blasons de l’esprit » et marques des Frères.

XXVIII. Un étonnant daguerréotype maçonnique.

XXIX. A l’ordre ! En garde ! Les francs-maçons et le duel. XXX. Gérard de Nerval « le Frère Terrible ».

Pierre Mollier

Curiosités Maçonniques

Énigmes, intrigues et secrets dans les Loges

Préface de Jean-Pierre Lassalle

Éditions Dervy, Collection Renaissance Traditionnelle

288 p., 26 €

Pour l’acquérir :

http://www.detrad.com/contents/fr/p5440_Curiosites-maconniques—Pierre-Mollier.html

Auguste de Grasse-Tilly et le moment 1804 : Nouveau regard sur la création du Suprême Conseil à Paris

Les Actes du colloque Grasse-Tilly organisé par le Grand Collège des Rites viennent de paraître, vous pourrez y découvrir – notamment – la communication que j’y ai proposée sur la création du Suprême Conseil en 1804…

On croit connaître cet épisode majeur de l’histoire maçonnique française qu’est l’implantation à Paris, à l’automne 1804, du Rite Écossais Ancien Accepté et de son Suprême Conseil du 33e degré. Épisode d’ailleurs relaté par des observateurs qui en furent, non seulement des témoins, mais aussi des acteurs, comme Pierre-Julien Pyron qui publia en 1814 un Abrégé historique de l’organisation en France des 33 degrés du Rite Écoss\ Ancien et Accepté. Petit ouvrage qui paraît bien être la première histoire du RÉAA en France et qui fut utilisé ensuite comme source par beaucoup d’historiens maçonniques.

« En 1804 les malheurs de la guerre forcèrent les membres du Suprême Conseil du trente-troisième degré établi dans l’île Saint-Domingue de se séparer. Plusieurs se réfugièrent à Paris : ils avaient à leur tête F\ de Grasse-Tilly, très-puissant Souverain Grand-Commandeur de ce Suprême Conseil, et investi, d’après les constitutions de 1786, du  pouvoir d’organiser des Suprêmes Conseils dans les États et Empire où il n’en existait pas encore […]. Le 22 décembre 1804,[…] le Suprême Conseil pour la France […] fut définitivement organisé…« 

Si, bien sûr, témoignages et archives convergent pour nous confirmer la création en France, à l’automne 1804, d’un corps de hauts grades du rite apporté des Amériques à Paris par Auguste de Grasse-Tilly, plusieurs points restent obscurs, voir contradictoires, dès qu’on l’on revient aux pièces du dossier et qu’on les sollicite un peu. L’objet de notre contribution est de retourner aux sources et d’éclairer cette création par ce que nous disent les documents de premières mains.

Document 1 : le « Livre d’Or » de Grasse-Tilly (8-16 octobre 1804)

[…]

Document 2 : le procès-verbal de la réunion du Consistoire des « Grands Inspecteurs Généraux » (17 octobre 1804).

[…]

Document 3 : le compte rendu de la 3e séance de la Grande Loge Générale Écossaise de France (10 novembre 1804)

[…]

Document 4 : le « Concordat » du 5 décembre 1804

[…]

Document 5 : Le Livre d’Architecture du Suprême Conseil

[…]

Pour découvrir ces analyses

Auguste de Grasse-Tilly (1765-1845) et la diffusion du Rite Écossais Ancien Accepté au début du XIXe siècle, Les Écossais, vol. 22, T. I, Grand Collège des Rites Écossais, Paris, 2021

Le grade de « Royale Arche » en France au XVIIIe siècle (« RT » n°198)

Le Royal Arch reste, jusqu’à aujourd’hui, l’un des grades majeurs de la Maçonnerie anglo-saxonne. Laurence Dermott, le Grand Secrétaire de la Grande Loge des Antients affirmait y avoir été reçu à Dublin en 1746. Il le considérait comme « la racine, le cœur et la moelle de la franc-maçonnerie ». Mais, contrairement à ce qui a parfois été avancé, les Moderns l’appréciaient et le pratiquaient aussi. C’est même eux qui vont constituer le premier Grand Chapitre en 1766. En 1774, le Grand Secrétaire de la Première Grande Loge (des Moderns), James Heseltine, répond à un de ses correspondants : « Il est vrai qu’une grande partie de la Fraternité ici appartient à un grade de la Maçonnerie dit supérieur aux trois autres, appelé l’Arc Royal. J’ai l’honneur d’être revêtu de ce grade et ses principes et ses cérémonies sont vraiment dignes d’éloges ».  En 1813, l’Arc Royal est intégré au système fixé par la Grande Loge Unie d’Angleterre avec cette déclaration, fort peu cartésienne mais souvent considérée comme une illustration du pragmatisme britannique, selon laquelle : « la pure et ancienne Maçonnerie consiste en trois grades et pas plus, à savoir ceux d’Apprenti, de Compagnon et de Maître Maçon y compris l’Ordre Suprême du Saint Arc Royal » ; trois seulement… y compris le quatrième ! En Écosse, en Irlande et aux États-Unis, le Royal Arch est pratiqué selon d’autres modalités mais revêt aussi une grande importance dans le parcours maçonnique.

Ce serait céder à une apparence trompeuse que de considérer le Royal Arch comme un sujet maçonnique essentiellement anglo-saxon. Dans toutes les Maçonneries, la perte – ou la mise à l’écart – du « vrai mot » au grade de Maître ouvre à une suite qui puisse rétablir l’intégrité des « secrets » maçonniques. Comme l’imparfait appelle un travail de perfection. Dès le XVIIIe siècle, les Maçonneries du continent, au premier rang desquels la Maçonnerie française, connaissent des grades qui jouent le même rôle que le Royal Arch britannique et qui entretiennent d’ailleurs avec lui des liens étroits. À partir de 1745, le Vray Maître et Écossais – et dans son sillage toute une série de grades qui en sont issus et qui constituent la famille des Écossais de Perfection ou Écossais de la Voûte – proposent un corpus légendaire et symbolique très proche de l’Arc Royal. En 1780, un voyageur français à Londres notait d’ailleurs « Autant que je puis juger par ce que le f:. Heseltine m’a dit, le Royal Arch n’est autre chose que le grade d’Écossais en France […] Son grand objet est de retrouver le vrai mot de maître et de démontrer à l’homme le plus essentiel des Traits de lumière »

Mais, de manière tout à fait curieuse, alors que les Écossais de la Voûte en sont les équivalents naturels de ce côté-ci de la Manche, on découvre aussi un grade de « Royale Arche » dans la Maçonnerie française du XVIIIe siècle. Cette appellation même de « Royale Arche », avec l’adjectif précédant le nom, semble signer son origine britannique. De surcroît, certaines versions de cet Arc Royal français présentent des caractéristiques que l’on ne retrouve que dans le Royal Arch britannique.

Le grand intérêt de cet Arc Royal français est que l’on dispose d’un certain nombre de rituels, dont les plus anciens peuvent être datés assez sûrement du début des années 1760, alors qu’outre-Manche les plus anciens rituels de Royal Arch – très rares – ne peuvent pas être antérieurs au début des années 1780. Nos textes français pourraient donc être les tout premiers témoins du Royal Arch britannique originel.

Pour le découvrir ou l’acquérir : https://rt.fmtl.fr/num%C3%A9ros/198

Le Rite des « Antients » en France

9791024205472.inddMon nouveau livre vient de sortir. Il s’intitule:

Le Rite des Antients en France

L’Ancienne Maçonnerie d’York  à Saint-Domingue (1790-1803) : Une source oubliée du Rite Écossais Ancien Accepté

Pourquoi s’intéresser à la Grande Loge Provinciale pour Saint-Domingue de l’Ancienne Maçonnerie d’York ? Au premier regard, elle n’apparaît que comme une organisation marginale et éphémère dans la longue et riche histoire de la franc-maçonnerie française. Coincée sur un bout d’île en pleine révolution, à plus de 7000 kilomètres de la Métropole, elle ne rassembla que quelques Loges. Installée le 9 janvier 1802, elle cessa probablement ses Travaux mi-1803, quand la situation des Français de Saint-Domingue devint intenable et que ceux-ci durent partir pour la côte Est des États-Unis ou directement pour la France.

Pourtant elle a eu une influence déterminante sur notre histoire maçonnique. En effet, pour la première fois, des Français découvrent et pratiquent un autre type de cérémonies pour les trois premiers grades : le rituel des « Antients ». Née en Angleterre au milieu du xviiie siècle, la Maçonnerie des Antients n’avait jamais pénétré en France ni même en Europe continentale. Les Frères de Saint-Domingue sont donc les premiers Maçons français à adopter cette autre et importante tradition maçonnique anglaise. Les Anciens de Saint-Domingue sont vite emportés par les bouleversements de l’histoire. Outre les difficultés toujours inhérentes à l’histoire des rituels, retracer la vie de la Grande Loge Provinciale des Anciens, c’est aussi affronter la complexité de l’histoire de Saint-Domingue pendant la période révolutionnaire où la situation et les équilibres peuvent changer du tout au tout en quelques jours.

La fin de la présence française à Saint-Domingue marque aussi leur disparition. Mais quelques survivants de l’aventure déposent une partie de leur héritage dans la corbeille du Rite Écossais Ancien Accepté naissant en 1804 et contribuent à fixer ses trois grades symboliques à Paris. Ainsi, la Maçonnerie des Anciens de Saint-Domingue est une source majeure de l’une des grandes traditions maçonniques françaises.

Video de présentation du livre à Le Rite des « Antients » en France

Germain Hacquet (1756-1835), Fondateur du Grand Collège des Rites Écossais

Livre Hacquet-LegLes Actes du Colloque organisé à l’automne 2018 sur Germain Hacquet viennent de paraître. L’ouvrage permet de découvrir cet acteur important des premières années du Rite Écossais Ancien et Accepté en France. Un homme dont il faut bien dire que, avant toutes ces recherches, on ne savait pas grand-chose. Mais, au-delà de la personnalité de Hacquet, le volume apporte de très nombreux éléments et documents sur les débuts du REAA. Le lecteurs voyage de Saint-Domingue aux États-Unis, à Paris, en passant par la Jamaïque

Préface par Jacques Oréfice

Germain Hacquet, un illustre inconnu ! par Jean-Pierre Cordier

Le Grand Orient de France entre 1803 et 1805, état des lieux par Eric Saunier

Germain Hacquet, une vie aventureuse puis bourgeoise entre Saint-Domingue et Paris par Jean-Luc Le Bras

La franc-maçonnerie à Saint-Domingue à la fin du XVIIIe siècle par Jean-Luc Le Bras

Germain Hacquet franc-maçon et sa filiation dans l’Ordre du Royal Secret par Pierre Mollier

  1. Un pur produit de la Maçonnerie des « Anciens »
  2. Député Inspecteur Général de l’Ordre du Royal Secret
  3. Souverain Grand Inspecteur Général du 33e degré
  4. « 30 ans après » le retour à Paris… et toujours la Maçonnerie
  5. Du Suprême Conseil au Grand Consistoire des Rites : la question du Rite de Perfection
  6. Henry Andrew Francken (1720-1795) : le disciple bien aimé d’Etienne Morin.
  7. La vie sans pareil d’Augustin Prévost (1744-1821), Député Inspecteur Général de l’Ordre du Royal Secret… et bien d’autres choses encore.
  8. Pierre Le Barbier Duplessis (1748-1815) : Passeur du Rite de Perfection du XVIIIe au XIXe siècle.

Germain Hacquet dans les instances du Grand Orient par Jean-Luc Le Bras

Germain Hacquet dans les archives du Suprême Conseil de France par Jacques Walch

Une lecture contemporaine du Rite Ecossais d’Hérodom par Jean Delfaud

Conclusion par Jacques Oréfice

Le bon de commande de ce volume peut être téléchargé via le site du Grand Collège des Rites Écossais (voir La Librairie) à https://www.amhg.fr

Renaissance Traditionnelle n°192 : Sur les traces du premier Écossisme

Couverture RT 192Ce numéro 192 clôt – avec un peu de retard – l’année 2018 de notre revue, mais sa matière est particulièrement riche. Depuis quelques années, les historiens maçonniques – aux premiers rangs desquels l’équipe de R.T. – se penchent sur la difficile question de l’origine des hauts grades. Vous trouverez dans ces pages des éléments nouveaux et importants sur l’apparition et les premières versions du grade d’Écossais.

Deux contributions s’attachent à mieux cerner ses sources légendaires et symboliques autour des thèmes de la légende de la voûte et de la « croix de saint André ». Nous sommes particulièrement heureux de republier, et ainsi en quelque sorte de redonner vie, à cet article oublié du grand historien de l’art Émile Mâle. À la suite d’une véritable enquête, il nous restitue les principales étapes de l’apparition dans l’art occidental de ce motif curieux de la croix de saint André.

Nous versons ensuite une nouvelle pièce au dossier des très rares premiers rituels du grade Maître Écossais. Ce manuscrit Horn est tiré des exceptionnelles archives de l’Ordre Maçonnique Suédois prend place d’emblée parmi les très rares documents sur les tout débuts de l’écossisme.

Avec Samuel Macaigne, nous nous penchons sur une version de l’« Écossais de Morin » qui se révèle être un des chaînons manquants dans l’élaboration des manuscrits Francken.

Depuis quelques années Alexandre Minski a publié plusieurs traductions d’importants essais sur le néoplatonisme de la Renaissance, nous donnant ainsi accès au meilleur de la recherche anglo-saxonne en la matière. Pour marquer la sortie de Prisca Théologia, une magnifique étude de Daniel Walker sur les néoplatoniciens français, nous vous proposons un grand entretien avec son traducteur. C’est l’occasion de revenir sur la place du néoplatonisme dans l’histoire de l’ésotérisme en Europe.

Enfin, avec Pierre Lachkareff, ce riche numéro se conclut par trois notes de lecture approfondies sur des livres qui s’imposent déjà comme des ouvrages de référence dans notre domaine.

Ces quelques mots d’introduction à ce beau numéro ne sauraient s’achever, cher lecteur, sans une invitation… à renouveler votre abonnement pour l’année 2019 !

Sommaire du numéro 192 de RT :

Avant-propos

Les sources juives et chrétiennes de la légende de la Voûte par Pierre Mollier

Histoire et légende de l’apôtre saint André dans l’art par Émile Mâle

Le rituel de Maître Écossais de Fredrik Horn et les débuts de l’écossisme par Pierre Mollier

Le Grand Élu Parfait Maître et Sublime Écossais d’Étienne Morin : encore un « pré-manuscrit » Francken par Samuel Macaigne et Pierre Mollier

Prisca theologia Entretien avec Alexandre Minski

Notes de lecture par Pierre Lachkareff

Pour acheter ce numéro aller sur le site de Renaissance Traditionelle