Rassembler ce qui est épars

Accueil » Uncategorized » Un nouveau numéro de « Renaissance Traditionnelle » (n°173-174)

Un nouveau numéro de « Renaissance Traditionnelle » (n°173-174)

Couv-RT-173-174Ce n°173-174 de Renaissance Traditionnelle s’ouvre par un nouvel épisode de la passionnante série de Jérôme Rousse-Lacordaire sur Les métiers de Dieu. L’auteur remet en chantier la problématique si féconde, ouverte il y a quelques décennies, par Jean Hani. Il explore ici la figure de Dieu comme pêcheur (après « L’Architecte », RT n°150; « Le Tisserand », RT n°153; « Le Potier », RT n°154-155; « Le Vigneron », RT n° 162; « Le Berger », RT n°169). Sa lecture nous a remis en mémoire une anecdote qui nous avait à l’époque marqué, ainsi que les autres personnes qui avaient assisté à la scène. Nous participions à un colloque à la Sorbonne sur les premiers concepts de la théologie chrétienne. Un professeur éminent proposa une communication très documentée fondée sur une analyse des notions par lesquelles les premiers chrétiens exprimaient leurs idées du péché, de la grâce, de l’espérance du salut, etc. L’orateur manifestait une virtuosité intellectuelle et un talent didactique qui faisaient l’admiration de l’assistance. À l’issue de l’exposé, après deux ou trois questions, notre regretté ami, l’anthropologue Claude Gaignebet se leva et affirma, avec sa manière sans pareille de prophète inspiré, que l’on faisait là bien des complications inutiles. « Ce qu’il faut – expliqua-t-il devant un auditoire médusé – ou plutôt ce qu’il fallait faire jusque dans les années 1950-1960, car alors fort peu de choses avaient changé – c’était aller sur le bord du lac de Tibériade et interroger les pêcheurs qui y étaient encore très actifs. Pour comprendre comment étaient reçus les évangiles au IIIe ou au IVe siècle, il fallait demander aux pêcheurs : « C’est quoi un filet ? Comment on s’en sert, comment on le répare ? Avec quel outil ? » ; « Comment le bon pêcheur prend le poisson ? Comment il le trie ? »… Au bout de quelques minutes, tout le monde était convaincu et le savant professeur amené à rejoindre sa place un peu penaud, dans une indifférence polie. Bien sûr, les deux avaient raison, mais la démonstration de Gaignebet montrait combien même les notions les plus subtiles de la spiritualité s’enracinent à l’origine dans un vécu quotidien, où le métier tient une grande place. Le premier Dieu des chrétiens a été d’abord, comme ses disciples, un pêcheur galiléen. Sans doute ce premier état a-t-il laissé, siècle après siècle, une trace profonde au cœur de son identité. Grâce à Jérôme Rousse-Lacordaire, essayons de mieux connaître et de mieux comprendre ce Dieu pêcheur d’âmes.

Toujours la quête des origines ! Gaël Meignez nous propose ensuite une enquête serrée sur l’un des personnages importants – et jusque-là mystérieux ! – des Anciens Devoirs des maçons médiévaux. Ce n’est pas d’aujourd’hui que cet Aynone ou Naymus Grecus intrigue les historiens maçonniques. En effet, il apparaît comme une figure annonciatrice d’Hiram, l’architecte du Temple de Salomon, et constitue donc un peu le « chaînon manquant » dans la constitution d’une séquence essentielle du légendaire de la franc-maçonnerie spéculative.

Dans ses recherches sur le Régime Écossais Rectifié à Marseille, Dominique Sappia est tombé sur une pépite : l’Armorial des CBCS marseillais. Avec Jacques Léchelle, il nous propose une jolie édition commentée de cette pièce rare.

Après nous avoir expliqué les origines et l’histoire du Rite Écossais Primitif de Namur, Christophe de Brouwer nous présente aujourd’hui son système de grades. On découvre bien sûr combien les différentes périodes y ont, chacune, laissé leur empreinte. Mais ce système s’est constitué de surcroît dans une région qui fut un carrefour de l’Europe où Britanniques, Autrichiens et Français s’affrontèrent, mais aussi se croisèrent et se fréquentèrent. D’un certain point de vue, le Rite Écossais Primitif apparaît donc vraiment comme un enfant de l’histoire maçonnique européenne, et ce n’est pas le moindre de ses intérêts.

Loin des clichés, avec ce portrait inattendu et stimulant, Guillaume Bétemps nous invite à découvrir un autre Joseph de Maistre. Dans nos maintenant classiques Acta Martinista, Steeve Fayadas livre ici les résultats d’une longue enquête sur les débuts du mythique Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix de Stanislas de Gaita.

Ce – robuste ! – numéro double inaugure… avec un peu de retard, l’année 2014. Il devrait arriver dans les boîtes aux lettres des abonnés en début de semaine prochaine.

Sommaire :

Dieu au travail VI. le pêcheur, par Jérôme Rousse-Lacordaire

Naymus le paladin architecte venu de Grèce avec les reliques de la Croix, par Gaël Meigniez

Transcription et reconstitution de l’armorial des CBCS de Marseille au début du XIXe siècle, par Jacques Léchelle & Dominique Sappia, illustrations de Laurence Prigent

Les 250 ans du Rite Écossais Primitif, dit de Namur. Seconde partie : Étude succincte des rituels, par Christophe de Brouwer

Joseph de Maistre, le prophète franc-maçon par Guillaume Bétemps

Acta Martinista : « In Cruce Sub Sphera venit Sapientia Vera » ou les documents fondateurs de l’Ordre Kabbalistique de la Rose-Croix de Stanislas de Guaita, par Steeve Fayadas

http://www.renaissance-traditionnelle.com/

Advertisements

Un commentaire

  1. pierre noël dit :

    J’ai reçu le n° 173-174 de RT . Il est comme d’hab remarquable|
    J’ai lu avec beaucoup de plaisir la suite de l’article sur le rite écossais primitif. Je connais cette affaire depuis longtemps et me suis toujours passionné pour ce rite, d’autant que Jacques Huyghebaert, cité p. 52, est un ami de longue date, membre et 33° du SCPLB, rue Royale (même s’il habite au Sri-Lanka). Son fils est d’ailleurs depuis peu grand orateur de la GLRB.

    L’auteur, De Brouwer, commence son article en citant « un jeu incomplet de rituels dans les archives du Suprême Conseil de Belgique », mais sans dire lequel (il y en a au moins trois).
    Or ces rituels se trouvent dans la bibliothèque du SC pour la Belgique, 235 rue Royale (le SC qui recrute ses membres dans la GLRB). Ce sont ces rituels qui ont été mis à la disposition de la fondation Latomia et publiés par elle en 1999 (édition dont De Brouwer parle à la p. 75). Ils ont depuis lors retrouvé leur place dans notre collection de rituels manuscrits. De Brouwer parle de deux autres sources : des rituels venant d’une loge de Dinant et d’autres documents qui seraient perdus (mais heureusement transcrits).
    Je suis heureux que notre collection se trouve ainsi confirmée mais il ne me semble pas inutile que sa localisation exacte soit précisée (pour qui voudrait la consulter).

    Cela dit, l’implantation de la Stricte Observance dans les Pays-Bas autrichiens reste un problème qui n’est pas encore élucidé.
    Il est évident que le REP est une superposition des grades chevaleresques de la SO (celui de Saint-André puis des grades templiers) sur une échelle de grades écossais (dont le R+ et d’autres), ce qui en soi peut paraître une hérésie à certains puristes. Mais le cheminement de l’un à ou plutôt sur l’autre reste une énigme. La piste la plus probable est Prague et le déplacement de militaires de Bohême au Namurois. mais cela se trouve sans doute écrit quelque part en allemand et conservé dans le château de Dégh (Hongrie), aux ressources inestimables.

    Comment Namur put-elle connaître la SO ? Par Luxembourg ? Il n’y a que 130 km (deux ou trois jours de cheval) entre les deux villes.
    Une piste est possible :
    En 1769, le régiment d’infanterie de Salm (nom de son colonel-propriétaire) déménagea de Mons à Luxembourg (et prit le nom de son nouveau propriétaire, le comte Ferraris). Des officiers du régiment créèrent la loge L’Union en 1771, qui devint la loge civile La Parfaite Union (elle existe toujours) lorsque le régiment fut déplacé à Prague, en 1774.
    En Bohème, les FF de l’Union s’affilièrent à la loge de la SO, Zu den drei Standarten. Le Luxembourgeois d’origine, Martin von Clemens devint membre de l’Ordre Intérieur du chapitre préfectoral de Rodomskoy (nom de Prague dans la SO). Un autre F accepté dans l’ordre intérieur, Velasco de Pico, revint à Luxembourg. Il voulut amener les FF de la Parfaite Union (loge civile) à rejoindre la SO, d’où il résulta un conflit sérieux au sein de la loge en 1776.
    Finalement le comte von Velasco créa en 1779 une loge Zu den Sieben Himmeln, qui ne reçut jamais la patente espérée de Prague. Ce fut la fin des espoirs de la SO à Luxembourg, d’autant que le chapitre de Strasbourg de la V° province avait décidé en 1776 de transférer la préfecture (fictive ) de Luxembourg à Colmar. Ni la SO ni le RER ne purent s’implanter à Luxembourg.

    Il est frappant de retrouver la formule de Starck dans ces rituels namurois (« je fais ceci en souvenir de ceux qui furent et ne sont plus »), ce qui prouve la l’influence de la SO post-convent de Kohlo (1772), donc revue à l’aune du Cléricat, sur le rite de Namur.
    Soyons clairs ! Les derniers rituels du REP sont aussi très inspirés du cérémonial de la messe catholique, avec les encensements de l’autel, comme on n’en trouve pas ailleurs. On ne peut que comprendre que les membres actuels de la Bonne Amitié, loge namuroise assez pointue du GOB, ne s’y reconnaissent guère (personne ne s’y reconnaîtrait en Belgique)..

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :